Négociations, coalitions… un mois après les élections législatives et régionales, où en est-on?

Négociations, coalitions… un mois après les élections législatives et régionales, où en est-on?
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Négociations, coalitions… un mois après les élections législatives et régionales, où en est-on? - © Tous droits réservés

Ce mercredi 26 juin, cela fera précisément un mois que vous avez été voter pour les élections fédérales, régionales et européennes. Et aujourd’hui, un seul gouvernement est déjà en place, le gouvernement de la Communauté germanophone. On fait le point.

Oliver Paasch est à nouveau ministre-président

En Communauté germanophone, c’est l’habitude, les choses ne traînent pas pour former une coalition. Deux jours après les élections, malgré la perte d’un siège, la coalition sortante, ProDG, PFF, les libéraux et le SP, les socialistes, décidaient de repartir ensemble pour 5 ans.

Le ministre-président est toujours Oliver Paasch de ProDG et le président du Parlement est le socialiste Karl-Heinz Lambertz qui fut longtemps ministre-président.

En Wallonie, PS et Ecolo négocient

Depuis ce dimanche 23 juin, officiellement, PS et Ecolo sont entrés en négociation. Leur objectif : boucler un texte commun sur les priorités et réformes à mettre en place pour la législature. Et dès le jeudi 27 juin, des représentants de la société civile participeront au bouclage de ces priorités.

Ensuite, la semaine prochaine, le texte sera envoyé à l’ensemble des députés wallons pour connaître leurs positions et intentions. Une démarche originale dans un contexte atypique. Ensemble, PS et Ecolo n’ont pas de majorité. Ils ne comptent que 35 sièges, 23 PS et 12 Ecolo, sur 75. Et au PS notamment, bon nombre de parlementaires s’interrogent sur la faisabilité d’un gouvernement qui serait a priori minoritaire.

Depuis les élections, durant la phase de consultation, le cdH, à nouveau en baisse, a décidé d’aller dans l’opposition. Le PTB, en forte hausse, a, de son côté, décidé qu’il n’ira pas au pouvoir avec le PS et Ecolo car il n’y a, selon les responsables du parti, aucune rupture par rapport aux politiques menées par le passé. Et au MR, arrivé deuxième le 26 mai, jusqu’à présent, il est au balcon. Le PS et Ecolo ne l’ont pas appelé à venir négocier.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, PS et Ecolo négocient aussi

Comme en Wallonie, pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, PS et Ecolo sont entrés en négociation. Ce sont les mêmes négociateurs. Et la démarche est la même. En Fédération Wallonie-Bruxelles aussi, PS et Ecolo n’ont pas de majorité à deux. Ils comptent 44 sièges sur 94.

En Région de Bruxelles-Capitale, les choix de coalition sont faits mais…

En région bruxelloise, assez rapidement, tant du côté néerlandophone que francophone, des choix ont été établis. Côté flamand, Groen, 1er parti, a décidé de s’allier à l’Open VLD et à One Brussels, la liste menée par le ministre SP.A sortant, Pascal Smet. Et côté francophone, le PS, 1er parti, a choisi Ecolo, arrivé deuxième, et DéFI.

Ce lundi 24 juin, les négociations devaient normalement débuter entre les 6 partis. Devaient débuter… car l’Open VLD met "la pression" pour tenter de faire monter au pouvoir le MR, arrivé seulement troisième le 26 mai en région bruxelloise.

Ce scénario est identique à ce qui s’était passé il y a 5 ans. L’Open VLD avait aussi demandé à l’époque que le PS et le cdH prennent le MR comme partenaire et non DéFI. Mais cela n’avait rien changé à la donne, socialistes et centristes étaient restés sur leurs positions.

En Flandre, Bart De Wever poursuit ses contacts avec le Vlaams Belang

Bart De Wever, le président de la N-VA, poursuit ses consultations avec tout le monde sauf le PVDA-PTB. Il en est à son troisième tour. Et le Vlaams Belang, le parti d’extrême droite, est toujours dans la course. On ne parle pas de négociations. Mais du côté du Vlaams Belang, les responsables du parti expliquent que les deux partis auraient bien avancé ensemble sur des thèmes comme l’enseignement, le bien-être ou encore l’intégration. Ce qui a fortement irrité le CD&V et l’Open Vld.

Le 26 mai, la N-VA a perdu 8 sièges, comme le CD&V. Le Vlaams Belang en a, lui, gagné 17. Mais, à deux, la N-VA et le Vlaams Belang n’ont pas de majorité. Ces derniers jours, Theo Francken, dans une interview, a expliqué que le Vlaams Belang n’était pas un parti raciste. Et Siegfried Bracke, le président sortant de la Chambre, qui n’a pas été réélu, plaide pour la fin du cordon sanitaire à l’égard du Vlaams Belang et pour lui, la N-VA peut mettre sur pied un gouvernement minoritaire avec le VLD ou le CD&V avec un soutien de l’extérieur du Vlaams Belang. Une piste inimaginable pour le CD&V et l’Open Vld.

Au niveau fédéral, il y a toujours les deux informateurs mais…

Johan Vande Lanotte, ex-vice Premier ministre sp.a, et Didier Reynders sont toujours informateurs. Ils rencontreront une nouvelle fois le Roi lundi 1er juillet. Au-delà de cela, c’est le flou le plus total. Pas une information ne filtre. Pas une seule rencontre n’est évoquée. On sait seulement que les deux informateurs ont décidé de ne pas rencontrer le PTB et le Vlaams Belang.

Du côté de la N-VA, on maintient que l’on ne souhaite pas former un gouvernement avec le PS et Ecolo. Et si c’était le cas, dit-on chez les nationalistes flamands, ce serait pour parler du confédéralisme.

Au PS, malgré une sortie jugée ambiguë d’Elio Di Rupo, le PS maintient aussi sa position préélectorale. Pas question de gouverner avec la N-VA. Sur cette base-là, les possibilités de coalition sont très, très peu nombreuses. Remettre sur pied la coalition suédoise, par exemple, est impossible, faute de majorité.

Une autre piste revient parfois : associer socialistes, libéraux, écologistes du nord et du sud du pays avec le CD&V. Cette coalition à 7, une grande première, sans la N-VA, disposerait d’une large majorité sauf… en Flandre. Bref, nous sommes encore loin de la fumée blanche.

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