Gouvernement bruxellois: dernière ligne droite dans les négociations

Peu après 20h30, les négociateurs ont fait une pause pour se ravitailler. Ils se sont ensuite rendus au Cabinet de Rudi Vervoort pour poursuivre les négociations. Celles-ci ont, à présent, lieu entre les chefs de délégation des trois partis qui négocient, à savoir Laurette Onkelink pour le PS, Zakia Khattabi pour Ecolo, Olivier Maingain pour Défi, accompagnés de Rudi Vervoort. 

Le MR a finalement décidé de rester dans l'opposition. L'Open VLD, qui avait mis la pression pour faire entrer son parti frère au gouvernement bruxellois, poursuivra donc sans le MR les négociations avec les 5 autres partenaires (PS, one.brussels, DéFI, Ecolo et Groen). Va-t-on finalement arriver à un accord ce soir? C'est en tout cas ce qui se dit dans les couloirs du Parlement bruxellois.

Sur nos antennes, la cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois, Françoise Schepmans a livré quelques éléments de réponse sur la décision de son parti de choisir l'opposition. " La manière dont se sont déroulées les discussions et le non respect de milliers de Bruxellois qui ont adhéré au projet libéral nous a particulièrement heurté. Dans un premier temps, nous avons fait des propositions à la demande des négociateurs bruxellois. Nous n'avons jamais eu de réponses. Ensuite, il y a eu des propos qui ont été tenus à l'égard du Mouvement réformateur qui étaient, à mon sens, méprisants, notamment en parlant des valeurs des Libéraux. Je pense que les valeurs libérales, à Bruxelles, sont les mêmes que celles défendues en Wallonie, et je ne vois pas pourquoi on jette l'opprobre sur les Bruxellois. Et donc, c'est véritablement, pour nous, du mépris de la part des négociateurs," déclare-t-elle. 

Françoise Schepmans ajoute également que "c'est un manque de cohérence, puisqu'on exclut de facto le Mouvement Réformateur à Bruxelles, mais on maintient néanmoins des rencontres exploratoires en Wallonie. Il se pose aussi la question de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La Région bruxelloise n'est pas une île isolée du reste de l'Europe. Il y a la Flandre, la Wallonie, l'espace francophone et pour ça, on n'a avancé aucune proposition, jusqu'à maintenant. Enfin, ce qui m'interpelle est le manque d'ambition du programme tel que j'ai pu en prendre connaissance dans les médias. On parle de généralités, mais je n'ai rien entendu de novateur en matière de climat, de mobilité et d'emploi. J'ai le sentiment que les socialistes ont remplacé le cdH par Ecolo et que Défi est toujours là. Mais les socialistes ont aussi perdu des sièges aux élections, et finalement, il n'y a aucune remise en question par rapport au futur de la Région bruxelloise. Je crains qu'il n'y ait dans les années qui viennent, comme on le connaît depuis plusieurs années, un départ de la population bruxelloise, car il n'y a pas d'ambition pour Bruxelles." 

La pression venue de l'Open VLD en milieu de journée

Après avoir annoncé hier qu’ils se donnaient un peu plus de temps pour finaliser l’accord de gouvernement, les six partenaires des négociations bruxelloises devaient se revoir ce mardi midi. Devaient car si tous sont arrivés aux alentours de 13h au Parlement bruxellois, l'Open VLD a très vite fait demi-tour pour rejoindre la base du parti. Les libéraux flamands continuaient en effet d'exercer une pression pour faire entrer leur parti frère, le MR, dans les négociations. Avant la réunion, le présidente de l'Open VLD en personne, Gwendolyn Rutten et les deux négociateurs libéraux Sven Gatz et Guy Vanhengel ont d'ailleurs discuté, dans une salle à part, avec Zakia Khattabi, négociatrice pour Ecolo. Les libéraux flamands auraient ainsi tenté de convaincre les écologistes. Après 5h d'absence, Guy Vanhengel et Sven Gatz sont retournés au Parlement bruxellois pour rejoindre leurs partenaires et continuer les discussions. 

Derrière cela, je vois l'ombre de la N-VA

Les autres partis n'avaient pas tarder à réagir au coup de pression de l'Open VLD exercé encore hier et ce matin. Pour eux, il n'est pas question de changer leur fusil d'épaule, certainement pas si près de l'arrivée. "Je veux continuer à travailler avec les six partis avec lesquels on travaille dans un bon esprit pour changer la ville", a affirmé Elke Van den Brandt (Groen) au moment de franchir l'imposante porte d'entrée du 69 de la rue du Lombard. "Il y a six partis autour de la table (ndlr: sans le MR). Nous espérons conclure les plus rapidement possible un bel accord de gouvernement... Vous pouvez me torturer, je ne dirai pas autre chose", a surenchéri Laurette Onkelinx. La négociatrice PS n'a pas voulu s'enfermer dans une limite de temps. "C'est sportif, il ne faut jamais négliger la dernière ligne droite", a-t-elle ajouté. Laurette Onkelinx a indiqué par ailleurs que les groupes techniques qui se sont penchés, après la réunion de lundi, sur des questions notamment fiscales avaient bien travaillé. Le moins tendre à l'égard de la démarche du Mouvement réformateur a été le président de DéFI, Olivier Maingain. "Le MR cherche à s'introduire presque par effraction dans cette négociation, au point qu'il est prêt à accepter quasi telle quelle la note qui est débattue. Derrière cela, je vois l'ombre de la N-VA", a-t-il lancé. M. Maingain n'a visiblement pas de doute sur l'attitude qu'adopteront les négociateurs libéraux flamands au cours de l'après-midi. "Je sais que les négociateurs Open Vld sont désireux d'aboutir", a-t-il commenté à ce propos.

Et pour patienter avant le retour de l'Open VLD, il semblerait que les négociateurs se soient fait livrer des croustillons venus tout droit de la foire du midi.

La répartition des compétences, un autre point de friction

Si la demande de l’Open VLD a, à nouveau, crispé ces négociations, la répartition des compétences, selon ce qui nous a été confié, est, elle aussi, un point de friction. Qui sera ministre? Qui sera secrétaire d'Etat? Pour quelles compétences? Qui aura l'Economie, l'Emploi, l'Environnement? Pour le moment, le PS a discuté de cette répartition avec chacun des partenaires séparément mais n'a pas encore organisé de réunion plénière, soit avec l'ensemble des partenaires. Selon nos informations, plusieurs partenaires seraient réticents à voir Bernard Clerfayt, négociateur DéFI et bourgmestre de Schaerbeek, décrocher un poste au gouvernement bruxellois. 

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