Négociations au fédéral: vers une prolongation de la mission Magnette-De Wever

Le Roi Philippe devrait prolonger ce samedi la mission confié à Bart De Wever et Paul Magnette
Le Roi Philippe devrait prolonger ce samedi la mission confié à Bart De Wever et Paul Magnette - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

En piste depuis le 20 juillet, Bart De Wever et Paul Magnette tentent toujours de forcer une majorité susceptible de soutenir un nouveau gouvernement. Tout cela, il faut le rappeler, sur base du résultat des élections du… 26 mai 2019.

440 jours après le scrutin, les deux présidents de parti ne pourront que répéter au Roi qu’il n’y a toujours pas de quoi former un gouvernement. Même si cela se débloque quelque peu.

Bulle de cinq

Paul Magnette et Bart De Wever ont à présent lié leur sort. Les deux ennemis d’hier sont devenus les alliés d’aujourd’hui. Qui eut cru il y a quelques semaines encore que ce serait finalement le MR qui pourrait être exclu d’un axe PS-N-VA ? Concrétisant ainsi la volonté de la FEB qui dès le lendemain du scrutin en appelait à cette impossible alliance des contraires.

Lors de leur dernière visite au Roi, ce dernier les a installés "préformateurs". On est loin de la période toute récente où Georges-Louis Bouchez exigeait que ces deux-là viennent lui faire rapport !

Le chef de l’État insiste et leur a demandé instamment "de réunir au plus vite les présidents de partis pouvant offrir une large assise à la formation d’un gouvernement".

Huit jours plus tard, le compte n’y est toujours pas mais un "noyau dur" est apparu. Désormais, autour de l’axe improbable PS-N-VA sont venus se greffer sp.a, CD&V et cdH. Ce que Bart De Wever appelle désormais sa "bulle de cinq".

Donnant-donnant

La crise liée à l’épidémie de coronavirus a changé la donne. La perspective de nouvelles coupes budgétaires a laissé la place à un soutien à des mesures sociales et des aides à distribuer. L’Europe a abandonné son carcan budgétaire strict. Les socialistes ne pouvaient rester en dehors d’un gouvernement à but social, d’où le deal avec la N-VA qui a aussi intégré que sa défaite électorale est en partie liée à la politique trop droitière du dernier gouvernement.

Mais pour les nationalistes, un accord avec le PS passe obligatoirement vers de nouveaux transferts de compétences (justice, police, soins de santé, etc.).

Trois autres formations se sont jointes à cet accord entre les deux "grands". Mais tout cela ne pèse que 69 députés sur 150. Trop court.

Alors que les libéraux partaient favoris, Bart De Wever a clairement indiqué que le MR sauce Bouchez était indésirable : "Personne n’est encore partisan du MR au gouvernement". Et puisque l’Open VLD a lié son sort à son homologue francophone, il risque de subir le même sort.

Et voilà les écologistes remis en selle ! Les deux préformateurs ont longuement reçu les Verts. Avancées insuffisantes ont estimé ceux-ci mais le contact est maintenu.

Paul Magnette et Bart De Wever ont reçu les présidents des deux partis libéraux ce vendredi après-midi. Une nouvelle consultation des écologistes en début de semaine prochaine n'est pas exclue.

Les deux préformateurs gardent deux fers au feu : une alliance avec les Verts, une alliance avec les Bleus. La première a plus les faveurs de Magnette et De Wever, pour cause d’allergie au MR mais la seconde reste la plus praticable politiquement.

Logiquement, le Palais devrait prolonger la mission des deux présidents.

 

 

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