Négociations au fédéral : pour Charles Picqué (PS), "entre N-VA et PS, il faut se parler"

N-VA et PS doivent-il se parler et négocier ensemble un prochain gouvernement fédéral ? C’est la question que posait Arnaud Ruyssen dans Soir Première ce lundi. Pour en débattre sur le plateau de Ce Qui Fait Débat (CQFD), Siegfried Bracke, ancien président de la Chambre (N-VA), et Charles Picqué, ancien ministre-président bruxellois (PS). Les deux hommes ne sont pas à la manœuvre des négociations en vue de la formation d’un gouvernement fédéral, ce qui leur confère une certaine liberté de parole.

"Il faut se parler"

Tous deux en conviennent : le dialogue entre les deux formations que tout oppose s’impose. "Il faut se parler, affirme Charles Picqué, ça ne préjuge pas du résultat des discussions, ni du résultat des éventuelles négociations, mais on ne peut pas imaginer qu’il y ait paralysie au niveau fédéral, dans le contexte budgétaire que l’on connaît […] Et de prévenir : "Ceux qui refuseront de discuter seront désignés comme ceux qui ont rendu la Belgique ingouvernable".

Siegfried Bracke abonde dans le même sens : "je crois d’ailleurs que les hommes et femmes politiques doivent apporter des solutions et non des blocages. Mais, ajoute le nationaliste flamand, les partis suivent une logique régionale et j’imagine que les négociations fédérales suivront quand il y aura un gouvernement flamand et wallon", excluant dans cette proposition un embryon de confédéralisme.

La Belgique doit être réformée dans son fonctionnement actuel, concèdent les deux hommes. Un pays plus efficace supposant, selon la N-VA, de revoir les structures du pays, avec en ligne de mire une 7e réforme de l’Etat. "On peut imaginer une forme de fédéralisme modifié en tenant compte de l’analyse qu’on fait du fonctionnement des structures actuelles, qui ne sont pas parfaites, répond Charles Picqué, on peut imaginer régionaliser certaines compétences et en refédéraliser d’autres ".

Le socio-économique avant l’institutionnel

Dans les scénarios présents sur la table, celui d’une coalition bourguignonne associant N-VA, libéraux et socialistes. Un gouvernement fédéral transitoire, qui disposerait d’une majorité pour élaborer un programme minimal et s’acquitter des affaires les plus urgentes. "La situation budgétaire est trop grave que pour attendre encore des mois", affirme Siegfried Bracke.

►►► Retrouvez CQFD du lundi au vendredi à 20h en télévision sur La Trois

►►► Retrouvez Soir première du lundi au vendredi de 17h30 à 19h en radio sur La Première

"On a déjà fait ça, observe Charles Picqué, un gouvernement qui s’occupe des urgences et puis un groupe de "sages" qui prépare l’institutionnel. Mais dans le chapitre socio-économique de ce gouvernement transitoire, il y aura évidemment déjà un certain nombre de choses touchant à la sécurité sociale, au coût de la santé, etc. Et donc ça ne sera pas si simple".

"Évoluer vers l’autre"

"N’est-on pas capable de tourner la page, de recommencer le débat pour voir où on peut arriver à un accord […] qui respecte les choix politiques différents du Nord et du Sud ?", pose en guise de conclusion Siegfried Bracke qui en appelle à la créativité des négociateurs.

"Il va falloir inventer une réforme de l’Etat car on ne veut pas de la disparition du pays, ni du confédéralisme au sens de se réunir après une rupture, poursuit Charles Picqué, ajoutant : il va falloir considérer qu’au Nord du pays, on apporte une réponse différente à certains problèmes, qu’au Sud du pays". Pour autant, conditionner l’ouverture au dialogue à l’imposition du confédéralisme pour la N-VA ou des demandes sociales pour le PS ne marchera pas, conclut l’ancien ministre-président bruxellois : "Chacun va devoir évoluer vers l’autre".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK