Négociations au fédéral : pointé du doigt par De Wever, "le MR est là pour mettre de l’huile dans les rouages, pas de l’huile sur le feu"

Alors que les présidents du PS et de la N-VA continuent leur mission de préformation d’une coalition fédérale, le président des nationalistes flamands, Bart De Wever, a affirmé à la chaîne flamande VTM que "personne n’est encore partisan du MR au gouvernement" et semble exclure d’emblée les libéraux francophones des négociations. Il les accuse même de saborder les discussions. Le MR n’a pas souhaité réagir aux accusations du bourgmestre d’Anvers ce samedi.

Ce vendredi, le Roi a en effet prolongé la mission de Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA) jusqu’au 8 août prochain. Suite à cette prolongation du duo, des informations ont fuité sur les négociations en cours en vue de former un gouvernement fédéral. Il apparaît actuellement que cinq partis seraient prêts à former un gouvernement : le PS, le sp.a, la N-VA, le CD&V et le cdH.

Majorité trop courte : libéraux ou écologistes devraient monter à bord

Mais cette coalition de cinq partis ne recueillerait que 69 sièges sur 150 à la Chambre (Emir Kir ne siège plus pour le PS et Jean-Marie  Dedecker ne siège pas pour la N-VA, mais comme indépendant) . Trop court. Et même beaucoup trop court si on s’appuie sur la demande du roi Philippe au moment de charger les deux ténors du PS et de la N-VA de constituer "une large majorité".

Dès lors, l’idée est d’élargir cette potentielle coalition des cinq à une autre famille politique. Les verts ou les bleus.

Côté vert, Bart De Wever ne semble pas enclin à ouvrir la porte à des discussions aux écologistes en raison de rapports compliqués avec eux.

Pour le leader de la N-VA, les libéraux sont venus avec leur propre note, "leur programme électoral, une fable destinée à l’échec", a-t-il décrit.

Le MR, exclu des formules d’élargissement

La préférence de la N-VA pourrait donc se diriger plutôt du côté bleu. Mais uniquement avec l’Open VLD. Car si l’on en croit les indiscrétions qui ont suivi la reconduction du duo de négociateurs, les libéraux francophones sont loin d’être désirés actuellement à la table des négociations. Après un échange de notes qui n’a visiblement pas plu, certains négociateurs attendent même des libéraux flamands de l’Open VLD qu’ils prennent leurs distances avec leurs homologues francophones du MR.

"J’en ai assez du MR", "Ce parti va devoir réaliser que qu’il a significativement moins d’électeurs que le PS", a même commenté un négociateur d’un parti flamand sous le couvert de l’anonymat ce vendredi.

Bart De Wever, lui, n’a pas mâché ses mots à l’égard des libéraux francophones sur le plateau de la chaîne VTM : "personne n’est encore partisan du MR au gouvernement". Il a poursuivi sa charge en déclarant : "C’est peut-être bien d’avoir sept ministres d’un seul parti, mais si vous ne pouvez pas gérer la pire crise de tous les temps, vous devez juste prendre vos responsabilités".

Il accuse même le président de la MR, Georges-Louis Bouchez de vouloir mettre des bâtons dans les roues du PS : "J’ai surtout le sentiment que Bouchez ne veut pas que Magnette réussisse".

Le président de la N-VA sous-entend également que le MR serait en faveur d’un statu quo qui lui serait favorable. Bart De Wever a déclaré ce vendredi à la VRT : "Si les choses tournent mal, et que vous recevez une telle note (ndlr : la note libérale, envoyée aux négociateurs) alors vous devez poser la question, en latin : cui prodest ? Qui profite de quelque chose qui ne fonctionne pas ? Oui, alors les soupçons vont vers celui qui a maintenant sept ministres dans le gouvernement, qui contrôle seul, et qui aime peut-être aussi l’idée de garder les choses ainsi. Et ce soupçon est en effet assez unanime à l’égard de M. Bouchez".

Le "valet noir" au MR ?

Interrogé par la RTBF ce samedi, le président du MR n’a pas souhaité réagir aux propos de Bart De Wever. Ni au sujet de ce qui s’apparente à une éviction claire de la table des négociations. Un "No comment" de Georges-Louis Bouchez qui préfère visiblement faire usage de son droit de réserve.

Même son de cloche du côté d’un autre poids lourd du MR. Denis Ducarme indique "ne pas vouloir entrer dans la polémique". Pour le ministre fédéral "le MR est là pour mettre de l’huile dans les rouages pas de l’huile sur le feu".

Au MR, on estime que le duo PS-N-VA tente de leur refiler le "valet noir" pour leur faire porter le chapeau d’un futur échec des négociations car les "préformateurs" ne seraient pas aussi avancés qu’il voudrait le faire croire dans leurs discussions.

Pour le vérifier, il faudra patienter une semaine avec le prochain rapport de Paul Magnette et Bart De Wever au roi. Et lors des jours à venir, il n’est pas impossible que l’on assiste encore à des rebondissements.

Le MR ne réagit pas à la sortie de De Wever (Sujet JT du 01/08/2020)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK