Négociation au fédéral : ne pas aboutir à un gouvernement d’ici la fin du mois d’août serait "criminellement irresponsable", selon Bart De Wever

Ce vendredi, Paul Magnette (PS) et Bart De Wever ont été reçus par le roi. Leur mission a été prolongée jusqu’au 8 août dernier.

Bart De Wever, optimiste, pense pouvoir former un gouvernement dans le courant du mois d’août. Pour lui l’inverse serait "criminellement irresponsable".


►►► Lire aussi : Magnette et De Wever poursuivent leur mission jusqu’au 8 août


A 6 sièges prêts

Selon plusieurs informations qui ont fuité aujourd’hui, cinq partis seraient prêts à former un gouvernement. Le PS, le sp.a, la N-VA, le CD&V et le cdH. Mais le problème c’est qu’en faisant les comptes, cela fait 70 sur 150. Or, pour pouvoir avoir la majorité, il en faudrait 76.

Il faut donc un autre partenaire pour enfin acter un nouveau gouvernement fédéral de plein exercice. Bart De Wever, dans une interview à nos confrères de la VRT a semblé déterminé à aboutir pour le mois d’août.

Bart De Wever veut un gouvernement d’ici le mois d’août sinon ce serait "criminellement irresponsable". Il a déclaré : "Il y a un gouvernement possible, je le pense très sérieusement. Nous avons les bases, cela peut aller vite. Le pays en a absolument besoin maintenant. Pour gérer au mieux cette crise, faire des réformes en profondeur aux niveaux institutionnel, social et économique. C’est criminellement irresponsable de bloquer cela".

Des mots forts et un timing serré. En effet, le roi a prolongé la mission des préformateurs pour une semaine. Bart De Wever et Paul Magnette devront à nouveau présenter leur rapport le 8 août prochain.

Avec qui ?

Il se dit que les préformateurs pourraient revoir les libéraux et les écologistes. Le problème c’est que les relations entre les écologistes et Bart De Wever sont très compliquées.

Du côté des libéraux, on pourrait se dire pourquoi pas. Mais les relations avec le président du MR, George-Louis Bouchez ne sont pas simples non plus. C’est même de plus en plus compliqué, se dit-il.

Les libéraux, au centre du jeu ?

La balle est à présent dans le camp de la famille libérale, a-t-on estimé ce vendredi au sein de plusieurs formations engagées dans les échanges entourant la mission de préformation de Paul Magnette (PS et Bert De Wever (N-VA), après la présentation par ceux-ci d'un premier rapport au roi Philippe. "Le MR boxe au delà de son poids", a ainsi commenté un des principaux négociateurs.

Les présidents des deux formations sorties en tête du scrutin du 26 mai de l'année dernière ont été chargés par le Roi, à la veille du 21 juillet, de constituer une large majorité au parlement. Ils se sont donné cinquante jours pour y parvenir. 

"La balle est à présent dans le camp des libéraux", a-t-on entendu ce vendredi soir auprès d'un des partis flamands engagés dans les discussions."Et en particulier, un des deux: l'Open Vld", a-t-on ajouté. Après de récentes interviews du président du MR Georges-Louis Bouchez, certains attendent des libéraux flamands qu'ils prennent leurs distances avec leurs homologues francophones.  

J'ai surtout le sentiment que Bouchez ne veut pas que Magnette réussisse

"J'en ai assez du MR", a affirmé un autre négociateur flamand. La note des libéraux transmise ce jeudi aux préformateurs comptait plus de cinquante points. Plusieurs de ceux-ci ne constituent pas, d'après ce négociateur, une base sérieuse de négociation.   

"Leurs propositions concernent la refédéralisation, l'affaiblissement d'éléments sociaux, la fiscalité... J'ai surtout le sentiment que Bouchez ne veut pas que Magnette réussisse. Ce parti va devoir réaliser que qu'il a significativement moins d'électeurs que le PS".    

Du côté de l'Open Vld, on confirmait que les partis libéraux ne faisaient qu'un dans la négociation. Dans le camp socialiste francophone, on a souligné vendredi soir que cinq partis, à savoir le PS, le sp.a, la N-VA, le CD&V, membre du gouvernement actuel, et le cdH "considèrent qu'il y a une base de discussion possible", "qu'il est possible d'avancer".

En tout, ces formations représentent 70 sièges. Le Roi demande d'élargir ce socle, pour avoir une assise plus large, a-t-on fait observer, sans fixer d'exclusive sur l'élargissement des échanges avec d'autres formations démocratiques.  Jusqu'ici la mission a en tout cas permis d'avancer vers une première étape, a-t-on résumé.
 

La semaine promet donc d'être agitée. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK