"Ne vaut-il pas mieux pour la Belgique un confédéralisme soft, négocié, plutôt qu'un 'no deal'?"

"Ne vaut-il pas mieux pour la Belgique un confédéralisme soft, négocié, plutôt qu'un "no deal"?"
"Ne vaut-il pas mieux pour la Belgique un confédéralisme soft, négocié, plutôt qu'un "no deal"?" - © Tous droits réservés

" La Belgique de papa a vécu ". Cette petite phrase du Premier ministre Gaston Eyskens en 1970 avait abouti à la première réforme de l'État, celle qui a engendré le fédéralisme. " L'état unitaire est dépassé par les faits ", avait-il ajouté. "Aujourd'hui, presque un demi-siècle plus tard, la Belgique de papa est la Belgique fédérale et on peut aussi se demander si elle est dépassée par les faits, a fait remarquer le chroniqueur Alain Gerlache, dans le "Parti Pris", sur La Première.  

Et ce n'est pas la seule analogie, selon lui: "À l'époque, pratiquement personne ne voulait du fédéralisme au sud du pays, sauf la gauche radicale wallonne ; c'était surtout une demande flamande. Et il a fallu le choc provoqué par l'affaire de Louvain, la scission de l'université, le Walen buiten, pour que les choses basculent dans l'opinion publique francophone. On peut se demander si on n'est pas au même point aujourd'hui, si le scrutin de dimanche dernier n'est pas en train d'avoir le même impact. Parce qu'on perçoit des changements, les médias francophones commencent à parler du confédéralisme, plus tellement sur le mode de la critique ou de la dénonciation, mais sur le mode du fact checking, sur le mode pédagogique".

Bref, l'idée serait en train de faire son chemin: "On voit les citoyens qui s'expriment entre incompréhension, colère et fatalisme. On voit des appels au boycott des vacances à la mer du Nord, c'est quand même assez inédit. On a l'impression que le sentiment se diffuse, que les choses ne s'arrangeront plus jamais pour la Belgique et que le fédéralisme n'aura finalement été qu'une étape".

Et d'avancer une analogie avec le Brexit: "Vaut-il mieux maintenant que les Wallons et les Bruxellois anticipent la question plutôt que de la nier ? Ne vaut-il pas mieux un confédéralisme soft, négocié tant qu'il est encore temps, et financé, parce que c'est évidemment crucial pour Bruxelles et la Wallonie, ou bien ne vaut-il pas mieux un confédéralisme hard, un " no deal " ? "

Une solution qu'il privilégie au retour aux urnes immédiat prôné par des politologues : "C'est vrai qu'il y a une contradiction entre le résultat presque mathématique du vote populaire et les exclusives des partis politiques: il n'y a pas moyen de réunir les deux. Mais appeler à de nouvelles élections quelques jours après le vote, c'est envoyer le signal que le peuple a mal voté et qu'il doit recommencer pour que le résultat convienne aux partis. C'est la phrase de Bertolt Brecht : " puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple ". C'est vrai qu'il faudra peut-être revoter, et ce serait une première dans l'histoire de la Belgique, mais en parler dès maintenant est sans doute dramatiser une situation qui n'en a vraiment pas besoin".

 

 

Soir première 27/05/2019

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