Naufrage d'une embarcation de migrants à La Panne : la prise de risque est "folle"

La distance entre La Panne et Douvres est plus de deux fois plus importante qu'entre Calais et Douvres
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La distance entre La Panne et Douvres est plus de deux fois plus importante qu'entre Calais et Douvres - © RTBF

Des recherches étaient en cours mardi matin à La Panne tant sur la plage qu’en mer. Quatorze migrants ont essayé de rejoindre l’Angleterre dans un petit bateau mais celui-ci a chaviré.

Les migrants se risquant à rejoindre la Grande-Bretagne dans une embarcation de fortune au départ du littoral belge sont assez rares. "Cela se passe plus fréquemment dans le nord de la France, mais les contrôles s’étant renforcés là-bas, le problème se déplace chez nous", analyse le gouverneur de Flandre occidentale, Carl Decaluwé.


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Le gouverneur Decaluwé entend cependant intensifier les efforts afin d’éviter ce genre d’initiative. Il a récemment consulté les services concernés en Angleterre et en France et va aussi aborder la problématique des bateaux de migrants avec Interpol. "Nous devons mettre plus de moyens afin d’éviter que des réfugiés ne se lancent dans une telle aventure. C’est trop dangereux et les faits de mardi à La Panne le prouvent une fois de plus."

La traversée de la Manche à l’aide de petites embarcations est jugée extrêmement dangereuse en raison du trafic maritime particulièrement dense et des courants maritimes forts. De plus, la perspective du Brexit pousse certains migrants à tenter le tout pour le tout pour entrer au Royaume-Uni.

Nico Paelinck, chef de corps de la police de la "Westkust", explique qu’en plus des conditions compliquées qui sont les mêmes entre la France et la Grande-Bretagne qu’entre la Belgique et la Grande Bretagne, la distance à parcourir est doublée. "Elle est deux fois plus longue qu’à hauteur du Cap Griz-Nez ou Blanc-Nez".

Il explique cette tentative de traversée via les plages belges "parce que les migrants sont vraiment désespérés". Sur la côte belge, "on a déjà observé des mouvements à partir du port de Nieuport mais jamais à partir d’une plage avec ce froid, ces températures proches de zéro et ce brouillard. Et en plus sur une route maritime très fréquentée. C’est vraiment très risqué" explique le chef de corps.

Pour lui, ce sont les trafiquants d’êtres humains "qui essaient de nouvelles routes pour éviter les contrôles qui se renforcent côté français".

Quelques chiffres pour mieux comprendre

  • 1948 migrants ont réussi à rejoindre le Royaume-Uni par bateau en 2019, selon des estimations de la BBC.
  • 1391 personnes ont été interceptées par la police française l’année passée dans les eaux françaises de la Manche. Ils ont été ramenés en territoire français.
  • 33 km séparent Calais et Douvres.
  • 70 km séparent La Panne de Douvres, c’est plus du double de la distance entre Calais et Douvres.

Prise de risque insensée

Des chiffres mis en évidence dans le journal télévisé de nos collègues de la VRT. Le journaliste sur place estime que tenter la traversée depuis La Panne est une prise de risque "folle" en raison du froid et des courants. "Mais ils continuent à le faire", explique Tijs Mauroo.

Le journaliste explique que cette situation un peu inédite pourrait devenir plus récurrente en raison des contrôles des camions qui ont été renforcés en France. Les migrants avaient, jusqu’ici "l’habitude de grimper dans des camions pour se rendre en Grande-Bretagne mais lorsque la sécurité a été renforcée là-bas, ils se sont déplacés vers l’est. Sur les parkings d’autoroutes, ils ont essayé de monter dans les camions à ces endroits-là".

Et puis, plus tard, les migrants se sont déplacés vers des parkings en Belgique pour tenter leur chance. "Pareil pour les bateaux. Les tentatives ont commencé en France, au point le plus court entre l’Angleterre et la France. Mais la sécurité a aussi été renforcée sur les plages (françaises). Et puis ces passeurs de clandestins essaient des choses différentes, ils empruntent des itinéraires différents. Et puis il est "logique" qu’ils se déplacent aussi vers l’est, vers notre côte, et qu’ils essaient à partir de là".

La question de savoir si la sécurité doit être renforcée aux alentours des plages belges pour tenter d’éviter des drames humains est clairement posée, indique notre collègue.

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