Nation, Identitaire Ardenne... l'extrême-droite francophone n'a pas de poids politique, mais elle existe

Dans un sondage, 20% des Wallons se disaient prêts à voter pour Marine Le Pen.
Dans un sondage, 20% des Wallons se disaient prêts à voter pour Marine Le Pen. - © RTBF

Depuis la disparition du Front national, en perpétuelle division et miné par les affaires, l'extrême-droite en Wallonie et à Bruxelles, n'a plus de réel poids politique. Elle n'a plus aucun élu à la Chambre ni dans les régions. Mais le Parti populaire, qui se sent et qui se veut proche de Marine Le Pen notamment, a encore une représentation. Avec un député à la Chambre.

Pas de mouvement comme Schild en Vrienden côté francophone

C'est en tout cas le constat de Manuel Abramowicz, spécialiste de l'extrême-droite et responsable de la revue web Résistances. "On peut dire qu'il n'y a pas ou plus d'organisation d'extrême-droite sur les campus des universités francophones." Et pourtant, dans le passé, ce fut le cas avec une organisation comme le Front de la Jeunesse qui dans les années 70 et 80 était très présente dans le monde étudiant à Bruxelles et à Liège.

Mais, dans les années 90, une tentative d'implantation d'une section du Front national à l'ULB avait échoué. "Cela ne veut pas dire, pour Manuel Abramowicz, que les idées ont disparu. Au contraire. Des étudiants militent en dehors. Mais il n'y a plus rien de structuré."

Nation, Identitaire Ardenne...

Nation est aujourd'hui, pour Manuel Abramowicz, le parti politique le plus activiste au sud du pays. "Ils ont des sections locales, un turn-over important avec un noyau historique de 4-5 personnes. Nation est actif sur le terrain et surtout sur internet."

Identitaire Ardenne est beaucoup moins connu. Ce mouvement symbolisé par un cerf et un Christ sur la croix, est beaucoup, beaucoup moins connu. Il est le résultat d'une implosion du Front national. Et il a déjà connu une scission. "Il est très actif sur Facebook et pour Manuel Abramowicz, cette présence permet de démultiplier la réalité de la puissance de ce groupuscule, qui n'est qu'un groupuscule."

A priori, donc, l'extrême-droite francophone n'est pas structurée et sa force de frappe est faible. Mais Manuel Abramowicz rappelle que les idées sont là et bien là et que dans un sondage pas si lointain, 20% des Wallons se disaient prêts à voter pour Marine Le Pen.

Trump, leur modèle?

Et Trump? Manuel Abramowicz nuance..."Trump est un propulseur d'idées pour une partie de cet électorat. Mais pour les vrais militants d'extrême-droite, il a un inconvénient de taille. Il est américain. Et ces militants sont presque toujours "anti-américain". L'Amérique incarnant pour eux un modèle de société mélangée, multiculturelle. Et ils sont aussi opposés à l'ultra-libéralisme qui incarne l'internationalisme et la mondialisation. Tout l'inverse de ce qu'ils prônent en insistant sans cesse sur le mot Identité."

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