Le projet de forêt Nassonia suppose une loi sur mesure

Eric Domb porte avec beaucoup d'enthousiasme le projet Nassonia. Projet qui n'est toutefois concevable que si la Wallonie adapte ses règles
Eric Domb porte avec beaucoup d'enthousiasme le projet Nassonia. Projet qui n'est toutefois concevable que si la Wallonie adapte ses règles - © CARDON CORALIE - BELGAIMAGE

Ce lundi, Eric Domb, le patron de Pairi Daiza, a exposé devant le Parlement wallon, le projet de réserve naturelle qu’il veut organiser sur le territoire de Nassogne. Un projet qui fait débat et dont il a tenu à expliquer les contours et convaincre du bien-fondé.
Nassonia, c’est son nom, envisage une gestion différente de la forêt sur un espace de plus de 1500 ha.

Bail emphytéotique
La commune de Nassogne pourrait lui concéder cet espace pour un bail emphytéotique de 99 ans. Ce projet ne peut en effet se déployer que sur la durée, explique Eric Domb.
L’idée, c’est de faire de cette forêt une sorte de sanctuaire de la biodiversité géré autrement. Il y aurait de la chasse – différente – de l’exploitation forestière – différente – du tourisme – différent. Éric Domb défend ainsi le concept: "C'est réunir des personnes intègres et désintéressées pour co-construire un projet équilibré qui renforce l'écosystème de la forêt dans toutes ses composantes."
A ce stade, le projet n’est guère plus explicite. Si ce n’est que la volonté est d’être le plus respectueux possible de l’écosystème sans souci de rentabilité, précise Eric Domb, même si une exploitation ponctuelle des ressources est organisée.

Le ministre est séduit
Le discours a les accents de la sincérité et de l’enthousiasme mais il suppose la création d’une sorte de zone franche écologique, en-dehors des règles imposées à l’ensemble de la forêt wallonne. Le ministre de la Nature, René Collin, en est conscient mais semble conquis par l’idée. Il déplore toutefois que la chose ne soit pas possible dans l'état actuel de la législation. "Il faut organiser l'idée juridiquement de manière à ce qu'on ne puisse reprocher cette autonomie, mais il faut le faire", dit-il. Le ministre a donc demandé à ses services d'en étudier la faisabilité.

Privatisation
Sur un point au moins, le concept de Nassonia est clair. Il ambitionne de se substituer à la gestion publique de la nature et d'appliquer ses propres règles sur son territoire. La DNF, par exemple, ne pourrait y mettre en œuvre les lois valables partout ailleurs.
Sous l’égide du ministre Lutgen, la Wallonie a pourtant mis au point, il y a seulement quelques années, un code forestier qu'on dit assez équilibré et qui arbitre entre les fonctions touristiques, économiques et environnementales de la forêt.
Or, avec Nassonia, il serait désormais question d’une privatisation de la gestion de cet espace public désormais conduit selon les conceptions privilégiées par Eric Domb et ses partenaires.
Même si les intentions du patron de Pairi Daiza semblent désintéressées, on comprend donc que certains députés wallons soient interpelés par la direction que prend le projet.
 

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