N-VA: un parti ébranlé à deux ans et demi du prochain scrutin

La rupture est consommée à la N-VA. Veerle Wouters et Hendrick Vuye quittent le parti nationaliste flamand. Ils siégeront comme indépendants à la Chambre et comptent y porter les revendications du mouvement flamand. Les deux frondeurs n'ont pas apprécié que leur président Bart De Wever envisage de monter dans un futur gouvernement fédéral sans nouvelle revendication communautaire.

C'en est fini d'un Bart De Wever tout puissant, incontesté...image qu'il donnait jusque là à la N-VA?

Bart De Wever reste de toute évidence le leader incontesté mais, c'est manifeste, la statue du commandeur a été ébranlée. Bart De Wever demeure celui qui fixe la stratégie à suivre. Il est celui qui a fait d'un tout petit parti avec un seul élu en 2003, la formation qui dirige le gouvernement flamand, contrôle le gouvernement fédéral et conduit la Belgique avec une large majorité flamande et une petite minorité francophone. Mais pour lui, le coup est rude.

Bart De Wever est plutôt fin stratège. Comment expliquer qu'il n'a pas vu venir la fronde ?

Il a posé l'alternative: soit une nouvelle réforme de l'état en 2019 mais pour cela il faudrait négocier avec le PS, arithmétiquement indispensable pour modifier la Constitution, soit gouverner sans le PS, ce qui est sa préférence.

Le mouvement flamand qui aspire à l'indépendance a forcément hurlé, relayé par les députés Vuye et Wouter.

Bart De Wever n'aime pas la contradiction en public. Les ponts sont désormais coupés avec le mouvement flamand, certes minoritaire au nord du pays mais très actif.

Bart De Wever a en quelque sorte fait un choix: une Belgique durablement à droite plutôt qu'une Flandre indépendante.

Est-ce que ces démissions vont pousser Bart De Wever à se recentrer à nouveau sur le communautaire ?

La N-VA va vouloir démontrer que sa stratégie est la bonne pour plus d'autonomie pour la Flandre. La N-VA se transforme aussi progressivement en un grand parti de droite populaire. Il reste deux ans et demi à Bart De Wever pour convaincre la Flandre que son option est la bonne. L'autonomie de la Flandre reste l'objectif. 

D'ici là, Charles Michel a sans doute également du souci à se faire. Au fédéral, la N-VA blessée, sera plus intransigeante sur le plan communautaire. Lors des toutes proches discussions budgétaires, elle pourrait aussi remettre en avant des économies dans la Sécurité Sociale. A coup sûr, l'affaire laissera des traces et pas seulement à la N-VA.

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