NSA: France et Allemagne négocieront avec les USA, la Belgique participera

Angela Merkel et François Hollande veulent mettre les choses à plat avec les Etats-Unis sur l'espionnage
Angela Merkel et François Hollande veulent mettre les choses à plat avec les Etats-Unis sur l'espionnage - © GUIDO BERGMANN - IMAGEGLOBE

La Belgique s'associera à la démarche franco-allemande visant à aplanir les différends avec les Etats-Unis après les révélations sur leurs pratiques d'espionnage massif. Le Premier ministre Elio Di Rupo l'a indiqué dans la nuit de jeudi à vendredi après une réunion du Conseil européen. En parallèle, une nouvelle note révélée par Edward Snowden laisse entendre que des dizaines de dirigeants auraient fait l'objet d'écoute de la NSA.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des 28 ont longuement évoqué le dossier jeudi soir, au lendemain de l'annonce par le gouvernement allemand que le téléphone de la chancelière Angela Merkel avait été placé sur écoute. La presse a également dévoilé, à partir des informations d'Edward Snowden, l'espionnage massif des télécommunications en France.

Selon Elio Di Rupo, les dirigeants partagent l'avis que "des telles pratiques à l'égard d'un pays ami sont inacceptables", même si "tout ceux qui se sont exprimés ont rappelé que les services secrets étaient vitaux pour combattre le terrorisme". Selon lui, des "drames ont pu être évités grâce à des actions préventives" basées sur les renseignements collectés.

La Belgique s'associera à la démarche franco-allemande vis-à-vis des Etats-Unis, qui visera à "établir un échange d'information et une fluidité" entre services de renseignement, et éviter ainsi "l'espionnage mutuel sur la vie privée et l'espionnage économique".

Les dirigeants européens n'ont par contre pas embrayé à l'idée, formulée par le président du Parlement Martin Schulz, de marquer une pause dans la négociation de l'accord commercial transatlantique, a indiqué Elio Di Rupo. "Les chefs d'Etat et de gouvernement veulent éviter une sorte de chantage", a-t-il dit.

"L'espionnage entre amis, ça ne va pas"

La France et l'Allemagne ont donc lancé une initiative commune, soutenue par les autres Européens, pour tenter de trouver avec les Etats-Unis un terrain d'entente d'ici la fin de l'année sur les questions de renseignement.

"Il y a un coup d'arrêt à porter et des clarifications à exiger", a affirmé le président français François Hollande. "C'est ce qu'ont fait les Européens ce soir et de manière unanime en considérant qu'il y avait avec notre allié américain un certain nombre d'explications (à demander)", a-t-il ajouté, car "nous savons qu'il y aura d'autres révélations".

L'initiative franco-allemande a été présentée à l'ouverture du sommet, "avec l'objectif de trouver avant la fin de l'année un accord sur les relations mutuelles" entre Européens et Américains sur les questions de renseignement, a indiqué le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

Le scandale de l'espionnage américain ne cesse de prendre de l'ampleur. La dernière révélation en date a été faite par le Guardian, qui a affirmé jeudi soir que l'agence nationale de sécurité américaine (NSA), déjà impliquée dans des écoutes en France, au Brésil et au Mexique, avait mis sur écoutes 35 dirigeants de la planète.
   
Mercredi, Berlin a créé la stupeur en annonçant que le téléphone portable de la chancelière allemande Angela Merkel pourrait être écouté par les services 
américains. "L'espionnage entre amis, ça ne va pas du tout", avait averti Angela Merkel à son arrivée à Bruxelles. 
 
Les Européens n'avaient jusqu'à présent affiché aucune unité face au scandale provoqué par les révélations d'Edward Snowden sur le vaste système de surveillance cybernétique américain. Et pour cause: non seulement les questions de renseignement relèvent des compétences nationales, mais l'espionnage se pratique aussi entre pays de l'UE.
 
Les divergences des Européens font aussi traîner depuis plusieurs mois les négociations sur le projet de loi sur la protection des données présenté par la Commission européenne.
   
Alors que la commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, plaidait pour que la réforme soit adoptée "d'ici au printemps 2014", les 28 ont décidé de "se donner une marge de manoeuvre" jusqu'en 2015.
   
"Nous devons aller plus vite, mais la tâche est complexe. Cela ne concerne pas seulement la vie privée mais a aussi des retombées sur le monde des affaires", a affirmé Herman Van Rompuy.
   
 
Avec AFP et Belga
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