Muriel Gerkens: "Le lobby nucléaire manque de modestie et d'humilité"

Si Muriel Gerkens reconnaît que "pour le moment, les précautions sont prises" puisque les réacteurs problématiques sont à l’arrêt, la députée estime cependant qu’on ne peut s’en tenir à cela.

D’après l’élue écologiste, il faut maintenant examiner au niveau du Parlement, en concertation avec l’agence fédérale du contrôle nucléaire (AFCN) et les ministres compétents, si l’on fait "suffisamment tôt ce qu’il faut pour améliorer" la sécurité.

Muriel Gerkens relève également que ces incidents surviennent alors que depuis trente ans, les instances de contrôle disaient toutes que "tout va bien" alors qu’on constate que ce n’est clairement pas le cas.

"L’énergie nucléaire est une énergie dangereuse", rappelle la parlementaire des verts. Il y a dès lors une "obligation d’humilité" face à ce danger omniprésent. Or, relève-t-elle, le lobby du nucléaire semble incapable de faire preuve "de la modestie et de l’humilité nécessaire" pour admettre que l’on ne peut pas tout maîtriser.  

Une catastrophe nucléaire ce sont "des générations d’enfants handicapés qui naissent"

Les producteurs d’énergie mais également les ministres en charge du dossier tout comme l’agence nucléaire (AFCN) ont du mal à simplement admettre que cette énergie est intrinsèquement dangereuse et adoptent donc le discours du "tout est sous contrôle", alors même que les récents développements démontrent que ce n’est pas le cas, estime Muriel Gerkens.

Si le risque zéro n’existe en aucune matière, la cheffe de groupe Ecolo au Parlement fédéral relève cependant que dans le cas d’une "catastrophe nucléaire, ce n’est pas un petit problème qu’il faut gérer pendant deux mois mais ce sont des populations entières qui sont dévastées, des économies mises à mal, une agriculture qui n’est plus possible et des générations d’enfants handicapés qui naissent". "C’est l’ampleur des conséquences qui fait la spécificité de ce type de catastrophe", relève l’invitée d’Arnaud Ruyssen.

Les Ecolos sont donc contre l’énergie nucléaire par principe parce que les dangers que cette énergie représente en cas d’accident sont "non-gérables et non-assumables par la population".

Au vu des derniers développements, la députée estime que le plan de sortie tel que Melchior Wathelet l’a présenté au Parlement "n’est pas tenable sans adaptation".

Julien Vlassenbroek

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