MR: la lettre envoyée à Didier Reynders

RTBF
RTBF - © RTBF

Les dissensions internes et le "dégommage" de Christine Defraigne en tant que chef de groupe au Sénat ont été évoqués lundi matin lors de la réunion du Conseil de fédération du MR. Une trentaine d'élus, dont des grosses pointures, ont signé une lettre appelant Didier Reynders à la démission. Qui réagit.

Lisez la lettre envoyée à Didier Reynders.

 

"On se parle", a lancé Didier Gosuin; "le débat interne est ouvert", renchérissait Serge Kubla.

La communication officielle du parti s'est limitée à dire que trois groupes de travail ont été mis sur pied. Le premier est consacré à la Défense pour traiter de la réforme de celle-ci proposée par le ministre Pieter De Crem. Il sera présidé par Philippe Monfils. Le deuxième se penchera sur les statuts du parti et sera présidé par Daniel Ducarme. Le troisième portera sur la communication du parti et sera présidé par Pierre-Yves Jeholet.

"Conjuration des Pazzi" ou simple pétition?

Mais au centre des discussions, il y a eu surtout cette nouvelle lettre, signée par plus de 30 mandataires et parlementaires MR, demandant de Didier Reynders l'organisation d'élections dans les deux mois pour la présidence du parti, la consultation des militants sur la fonction que devrait choisir Didier Reynders: président du parti ou ministre fédéral des Finances.

Parmi les signataires, on compte tous ceux qu'on connaissait déjà comme contestataires mais aussi de nombreux autres mandataires dont les MCC. Il y a notamment Louis et Charles Michel, Olivier Chastel, les MCC Philippe Collard, Marie-Christine Marghem et Willy Courtois ainsi que Gérard Deprez, Willy Borsus, Christine Defraigne, Olivier Destrebecq, Olivier Hamal, Hervé Jamar, Frédéric Ries, Jean-Paul Wahl, Jacqueline Galant, Jacques Brotchi. Selon un des signataires, l'ensemble de ces parlementaires représentent 762 000 voix.

Tout au long de la journée, le chiffre du nombre de signataires a évolué. D'abord 36, puis 37, même 35, il semblerait qu'en fait il y a bien 37 signataires.

Extrait de la lettre

"(...) Nous te proposons d'organiser donc endéans les deux mois une élection à la présidence du MR ou à défaut, la consultation de tous les membres par un vote sur le principe du cumul et sur la fonction à privilégier."

Lisez la lettre envoyée à Didier Reynders.

Un malaise "multiforme"

La plupart des signataires de la lettre à Didier Reynders ne tenaient pas à s'exprimer ouvertement lundi après-midi. Plusieurs d'entre eux ont dit espérer rencontrer prochainement le président du MR.

"Aujourd'hui, il n'est plus possible de nier l'existence d'un malaise. On ne peut plus dire que la contestation est le fait de trois ou quatre voltigeurs isolés. Si Didier Reynders ne prend pas ça comme un électrochoc, cela peut avoir un effet boule de neige", soulignait l'un des signataires lundi après-midi. Il se défend toutefois de toute attaque personnelle contre M. Reynders. "La question, ce n'est pas Didier Reynders en tant que tel. Mais il ne parvient plus à incarner le renouveau du parti. En tant que ministre fédéral, il prend des coups qu'il assume fort bien mais il n'arrive plus à prendre de distance en tant que président de parti. Il prend ça pour une attaque personnelle mais ce n'est pas ça: le problème, c'est l'opportunité du double statut", a-t-il encore ajouté.

"L'image de Didier Reynders est mauvaise dans l'opinion publique. C'est injuste mais c'est comme cela", commentait un autre signataire. Et d'ajouter que M. Reynders avait "loupé toutes les opportunités de démissionner honorablement". Ce même contestataire ajoute qu'il tient par ailleurs à "louanger" M. Reynders pour la façon dont il a négocié le budget 2010-2011. "Ce qu'il a obtenu était inespéré"', dit-il. Et d'insister: "tout le monde se range derrière lui en tant que ministre".

Dans les rangs du MR, on souligne aussi que l'annonce par le président du FDF Olivier Maingain de la volonté de développer son parti en Wallonie a été très mal pris par les libéraux. "Ils ont l'impression qu'il veut développer un parti à l'intérieur du MR. Ils perçoivent son attitude comme une menace de coup de force et cela alors que parallèlement le FDF soutient Didier Reynders sans nuance", notait un observateur pour qui le "malaise est multiforme".

Réaction du président du MR

Au micro d'Alain Carlier, Didier Reynders a été clair: "J'ai déjà dit plusieurs fois que j'allais poursuivre ma tâche à la tête du Mouvement Réformateur. Ce n'est pas la voie des élections qui est choisie. La voie de l'apaisement, ce n'est pas de se demander les uns aux autres de démissionner. La voie de l'apaisement, c'est trouver ensemble la meilleure façon de travailler et de s'organiser."

Dialogue de sourds en perspective au MR...

(RTBF et Belga)

 

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK