MR : la guerre de tranchées Bouchez-Ducarme continue

MR : la guerre de tranchées Bouchez-Ducarme continue
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Les premières décisions du nouveau président élu du MR sont donc tombées, avec l’organisation du remplacement de Didier Reynders, partant vers l’Europe, dans ses différentes compétences au gouvernement fédéral : David Clarinval vice-1er, Philippe Goffin aux Affaires étrangères et à la Défense. Un poste de la Défense que certaines sources jusqu’ici hier voyaient bien revenir a priori à Denis Ducarme, l’autre candidat au second tour à la présidentielle du MR, qui a recueilli 38% hier. Georges-Louis Bouchez n’y était pas lui-même opposé a priori.

Sauf que Denis Ducarme a boycotté hier la petite fête d’intronisation de son vainqueur. A accordé depuis son cabinet ministériel voisin – une centaine de mètres – des interviews dont le ton visiblement n’a guère plu ni au nouveau président, ni à l’ancien, Charles Michel. Denis Ducarme annonçant ainsi à la presse qu’il entendait défendre chèrement les suffrages qui lui avaient été accordés, parlant "dialogue nécessaire en interne", "démocratisation plus poussée du parti", réelle "représentativité" de la base et de la "sensibilité" qu’il incarne. Précisant aussi qu’il ne s’agissait pas d’un simple marchandage de portefeuilles ministériels. Dont acte.

Entre-temps, prérogative du Président oblige, les choix de Georges-Louis Bouchez sont venus ce samedi matin, par voie de communiqué. Alors même que Denis Ducarme devait rencontrer le nouveau N°1 du parti. Une rencontre reportée à une date ultérieure, nous dit-on. Et les choix annoncés ce matin n’ont pas plu à Denis Ducarme. Lequel a réagi par le seul canal pour le moment d’un tweet cinglant.

Appel donc au respect à nouveau des votes obtenus par Denis Ducarme. Et ce commentaire : "Le remaniement ne s’inscrit pas dans ce sens". Et de demander d’autres actes. C’est tout pour le moment. Apparemment la désignation du nouveau ministre sans concertation avec le "camp" des 40% passe mal, on y évoque un "très mauvais signal".

Reste à voir combien de temps cette "résistance" du N°2 de l’élection interne du MR peut durer et s’il ne risque pas d’être purement et simplement ignoré, "marginalisé" par la nouvelle présidence décidée à passer en "force". On n’en est pas encore à venir renaître une "guerre des clans" au sein du MR. Disons qu’au minimum cette "guerre de tranchées" au démarrage de la nouvelle présidence fait un peu tache… en ce jour de l’Acte 1 de l’ère GLB.

Première réaction de Georges-Louis Bouchez

Interrogé ce matin à propos des désignations qu’il a décidées, GLB déclare qu’il "peut comprendre que parfois on n’est pas toujours ravi par un choix, mais Philippe Goffin était aussi candidat contre moi lors de ces élections ; je pense donc que c’est aussi un geste de rassemblement, au-delà de ses seules compétences. Et pour le reste que l’on me laisse un peu de temps ; j’ai été élu hier en fin de soirée, on est samedi. Je peux espérer avoir encore quelques heures pour redéployer le parti. Et oui je respecte bien évidemment les 38% de Denis Ducarme, mais il y a aussi une élection qui par ailleurs m’en a donné 62. Donc je pense que chacun doit maintenir les équilibres, rester dans le rassemblement ; ce rassemblement doit être de tous les côtés. Et pour ce faire, avec un peu de calme, je compte bien rencontrer tout le monde en temps voulu. J’ai un entretien prévu avec Denis Ducarme très rapidement. Il aura lieu dès demain. Et nous pourrons travailler ensemble avec les 24.000 membres du parti réformateur. Il faut aussi que tout le monde ait aussi en tête que le redéploiement du parti concernera de nombreuses fonctions et sur une durée plus longue que les 12 premières heures d’une présidence…"

Journal télévisé 29/11/2019

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