Mouchka, biographie d'une résistante devenue hôtesse de l'air à la Sabena

Mouchka, biographie d'une résistante devenue hôtesse de l'air à la Sabena
Mouchka, biographie d'une résistante devenue hôtesse de l'air à la Sabena - © Tous droits réservés

Séance académique émouvante ce lundi matin au Parlement pour la présentation d’un ouvrage consacré à Amanda Stassart dite "Mouchka", une femme engagée, résistante durant la Seconde guerre mondiale, déportée à Ravensbruck et Mauthausen, hôtesse de l'air à la Sabena puis à la TEA, qui a témoigné sur ses expériences jusqu'au bout dans les écoles et sur le lieu de sa déportation.

En 1940, Amanda Stassart, surnommée "Mouchka" par sa mère, d’origine belge, résidait à Paris où son père travaillait pour la General Motors.

Elle espérait alors, étudiante insouciante, faire son entrée à la Sorbonne. Mais la guerre devait en décider autrement.

En 1943, à 19 ans, elle entre dans la Résistance, transportant des mallettes tout en ignorant d'abord qu'elles contiennent des armes.

Ensuite imitant l'exemple de sa mère dont elle avait découvert par hasard qu’elle dissimulait Juifs et aviateurs alliés, elle rejoint le réseau Comète lancé par la Belge Andrée de Jonghe, vaste réseau d'exfiltration vers l'Espagne et l'Angleterre des aviateurs abattus.

Ayant de la famille dans le sud de la Belgique, région de Couvin, elle allait assurer elle-même une série de transferts du nord de la France jusqu’à la frontière espagnole. A ses risques et périls.

Des activités sous le nom de "Diane" qui lui vaudront ainsi qu'à sa mère en 1944 arrestation, tortures par la Gestapo dans son sinistre QG de la rue Saussaies à Paris, internement à la prison de Fresnes, puis déportation à Ravensbrück. Où elle et sa mère sont recrutées pour de travaux forcés.

Amanda " Mouchka ", victime d’un coup de hache, y perdra un œil. Et sa mère y succombera d’épuisement. Une mère qu’elle n’aura pu veiller mais qu’elle sera contrainte par une gardienne sadique de dévêtir et de mener au four crématoire un jour de février 1945.

Libérée de Mauthausen, Amanda Stassart se retrouve alors seule à Paris, orpheline de mère mais aussi de père. Celui-ci, refusant de travailler pour l’occupant, avait choisi de prendre le maquis. Il ne réapparaîtra jamais. Sa fille ne découvrit qu’au début des années 2000 qu’il a finalement été arrêté et a fini dans un autre camp.

Amanda " Mouchka " Stassart connaît alors une deuxième vie : dans les avions. Une brève carrière à la Sureté de l’Etat française, un essai d’engagement à Air France mais voilà elle est recalée, parce que belge. Mais les Français la recommandent alors à la Sabena qui relance ses activités après la guerre. Elle y sera 23 ans comme cheffe-hôtesse principale à la Sabena, engagée sur les vols de la famille royale, nouvelle vie de militante aussi où elle défend l’égalité hommes-femmes, stewards-hôtesses à une époque où les femmes devaient passer devant une commission d’esthétique pour l’engagement (!), où les hôtesses se voyaient interdire le mariage et gagnaient moins que les hommes.

" Mouchka " Stassart participa ensuite à la création en 1971 de la compagnie TEA avec Georges Gutelman, TEA qu'elle codirigea 20 ans. Le tout sans cesser de parler devoir de mémoire aux jeunes dans les écoles et lors de visites dans les camps.

Engagée jusqu'au bout. " Mouchka " Stassart est décédée à 89 ans en pleine rédaction de cette autobiographie présentée ce lundi.

Fabien Van Eeckhaut

L'ouvrage consacré à "Mouchka" Stassart, "Je vous le dis, j'aime la vie", par Claire Pahaut, est publié aux éditions José-Noël DOUMONT.