Molenbeek: Françoise Schepmans (MR) accueille le Plan Canal comme "un plus"

Depuis le 13 novembre, Molenbeek-Saint-Jean a squatté l’actualité de manière bien involontaire. Aujourd’hui, le nouveau Plan Canal de lutte contre l’islamisme radical ne se concentre pourtant plus sur Molenbeek, mais s’étend à huit municipalités. Françoise Schepmans y voit une justice rendue à sa commune.

Le Plan Canal qui sera présenté ce vendredi par le ministre de l’Intérieur ne place plus Molenbeek au centre du débat, mais porte sur 8 communes dont 7 bruxelloises et Vilvorde. Il n’est plus non plus question de "nettoyer Molenbeek maison par maison" comme l’avait déclaré, de façon virile, Jan Jambon quelques jours après les attentats de Paris. Et cette évolution rassure Françoise Schepmans: "La formule avait été utilisée à la suite des événements du 13 novembre, mais dans la pratique, c’était essentiellement de la musculation. Aujourd’hui le ministre va nous présenter un Plan Canal qui fait partie des 18 mesures pensées par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme."

Molenbeek: la fin d’un ostracisme

Pour la première magistrate de la commune, la fin de l’ostracisme dont a fait l’objet Molenbeek s’inscrit dans la logique: "Il y a sur Molenbeek un réseau de petits voyous transformés en terroristes. Il faut en chercher la cause dans des prédicateurs ou dans le banditismes, mais cela aurait pu arriver dans d’autres communes. Ce n’était pas Molenbeek en tant que telle qui devait être visée mais ces réseaux. Dans le plan présenté par Molenbeek, nous avons mis en avant la lutte contre la criminalité, et c’est ce qui nous semble essentiel."

La menace, faite par Jan Jambon d’organiser des visites domiciliaires en masse, appartient déjà au passé: "C’était une formule utilisée au lendemain des attentat car il était facile de pointer Molenbeek. Le Bashing est aussi venu des médias étrangers. Mais je retiens surtout, à côté de cela, une grande solidarité des habitants de Molenbeek".

"Pas question de fliquer les gens"

Si le Plan Canal n’est pas encore connu ce vendredi matin, son principe est d’apporter aux communes concernées des renforts en policiers et en fonctionnaires. Et la police locale se verra également confier des tâches de surveillance. Ce qui provoque, chez certains, la crainte d'un fichage généralisé. Un sentiment que ne partage par Françoise Schepmans: " Je n’ai pas connaissance du plan définitif, mais il existe une bonne collaboration entre les chefs de corps des zones de police, les bourgmestres et le Fédéral. Le renfort est essentiel pour une police de proximité et de quartier et il n’a jamais été question de ficher ou fliquer des gens. La mission du policier local n’est pas de suivre les déplacements des individus problématiques. Mais de collecter des informations et vérifier s’ils sont encore sur le territoire de la commune. Jusqu’à présent, nous n’avions pas les moyens de faire un travail efficace. Avec le plan Canal, il y aura un renfort de policiers de proximité mais aussi pour notre brigade anti-banditisme et contre la fraude économique et sociale. Car il y a un lien entre le radicalisme et le banditisme."

Des moyens insuffisants?

La situation n’est pas idyllique pour autant. Le plan mis en œuvre par le Fédéral devrait porter sur une aide financière de 15 millions d’euros et l’apport d’une centaine de policier. Hans Bonte, le bourgmestre de Vilvorde, l’une des 8 communes concernées, a déjà déclaré que ce serait insuffisant.

L’idéal serait de remplir le cadre de police de toutes les communes bruxelloise, mais Françoise Schepmans constate que les budgets communaux ne le permettent pas. "Nous connaissons les difficultés financières des zones de police à Bruxelles. Nous n’en n’avons pas les moyens. Un apport immédiat sur le terrain est donc une bonne chose. Je prends ce plan comme ‘un plus’. La task force locale va devenir essentielle dans la lutte contre le terrorisme, mais une grande collaboration entre le local et le fédéral est nécessaire. Il faut un suivi judiciaire. Ce qui a manqué, c’est la communication."

D’accord pour un ‘débat sur les valeurs’, mais au Fédéral

Il ne sera pas pour autant question de faire l’économie du "Débat sur les valeurs" initié par Denis Ducarme qui prône l’interdiction des signes conventionnels dans l’administration publique et dans les écoles officielles. La bourgmestre de Schaerbeek refuse pourtant de mener ce débat au seul niveau communal: "J’attends que le Fédéral, les Régions et les Communautés prennent leurs responsabilités. Molenbeek doit s’inscrire dans la normalité de ce qui se fait à tous les niveaux de pouvoir. Molenbeek n’est pas une terre d’exception." Est-ce une bonne idée d’interdire le voile dans une commune multiculturelle? Pour la bourgmestre, " Le respect et le vivre ensemble passent par des projets qui n’ont pas de liens avec les signes religieux. Ce n’est ni aux communes ni aux directions d’écoles de prendre de telles responsabilités : Il faut légiférer au niveau régional ou fédéral".

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