"Moi, bourgmestre"- Seraing: dans la Cité du fer, un climat plus brûlant que jamais entre PS et PTB

L'échange entre les têtes de listes politiques a montré ce vendredi une crise profonde entre PS et PTB dans l'entité de Seraing. Le paroxysme eut lieu lorsque Damien Robert, qui représentait le PTB, a parlé d'un "système Mathot". Il a alors été contredit par la tête de liste socialiste, Francis Bekaert. La tension, palpable dans le débat, s’est soldée en coulisses par une altercation physique entre le candidat PTB, Damien Robert et le bourgmestre sortant, le socialiste Alain Mathot qui accompagnait sa tête de liste.  

L’ombre de la famille Mathot plane toujours sur la commune industrielle. Après Guy Mathot, c'est son fils, Alain, qui avait repris le flambeau mayoral en 2006 (apès un intermède d'un an sous l'égide de Jacques Vandebosch). Mais patatras, durant la dernière législature, le ciel (et surtout le procès INTRADEL) lui tombe sur la tête. Alain Mathot n’a pas été condamné mais il est soupçonné d’avoir reçu 700 000 euros pour influencer le marché public pour la construction d’un incinérateur. En 2012, le PS a obtenu la majorité absolue (50, 35%) et compte bien la conserver. Bastion rouge depuis la fusion des communes en 1977, la donne politique pourrait changer cette année. Il est possible, tout comme à Liège et à Herstal, que l’on assiste à une importante poussée du PTB, déjà deuxième parti de l'entité. Le PS, lui, pourrait vouloir ouvrir si une coalition est faisable, à Ecolo et au MR.

Seraing est synonyme d’industrie lourde. Fille de la révolution industrielle (bien qu’elle était déjà connue pour être le lieu de résidence d’été des Princes-Evêques de Liège), John Cockerill y installa le premier haut-fourneau à coke de la province de Liège. Après cela, la ville connu une incroyable success story grâce à la métallurgie et à l'industrie minière, et ce jusqu’à l’après-guerre. Mittal y a fermé le dernier haut-fourneau (cokerie d’Ougrée) en 2014. En 2016, destruction du Haut-Fourneau B. La phase à chaud dans le bassin liégeois, c’est fini.  Ville dont une partie de la population est en difficulté économique –le chômage y est à 22% (moyenne province de Liège : 12%), elle garde quand même un étendard de choix : le Val-Saint-Lambert. L'entité, dont 30% de la superficie est couverte par la forêt, comprend Seraing, Ougrée, Boncelles et Jemeppe-sur-Meuse.  

Comment la ville peut-elle rebondir économiquement? Le "masterplan" proposé par les politiques est-il une efficace? Le futur "Eros center" est-il une bonne chose pour mieux contrôler la prostitution? La taxe-poubelle, est-ce vraiment un bon choix politique? Telles sont quelques-unes des autres questions dont ont débattu les têtes de listes présentes autour de Nathalie Maleux. Il y avait donc Francis Bekaert pour le PS, Fabian Culot pour le MR, Damien Robert du PTB, Jean Thiel représentant Ecolo et Agnieszka Krawczyk le CDH. Le débat est introduit par une séquence de Gilles Dej. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK