Modrikamen: "Le gouvernement Michel n'est pas allé assez loin"

Mischaël Modrikamen: "Le gouvernement Michel n'est pas allé assez loin"
Mischaël Modrikamen: "Le gouvernement Michel n'est pas allé assez loin" - © Tous droits réservés

Mischaël Modrikamen, président du PP, le Parti populaire, était ce vendredi l’invité de Matin Première. Pour lui, le gouvernement Michel-Jambon n’est pas allé assez loin dans les mesures prises.

"Nous regrettons de ne pas avoir été invités dans le gouvernement, car nous aurions pu apporter un peu plus de vision et de souffle à ce gouvernement", commence le président du Parti populaire. Pour rappel le parti compte un député fédéral et un député wallon. N’est-ce pas trop peu pour demander d’être présent au gouvernement ? "Ca aurait apporté un peu plus de légitimité francophone. Et surtout une vision, la volonté de s’attaquer aux vrais problèmes des gens. Et pas des rustines placées ici et là", justifie le président du Parti populaire.

Mischaël Modrikamen se dit très déçu par les mesures annoncées par le gouvernement. "Les gens attendaient des mesures fortes, en matière de dépenses publiques, mais on ne va pas jusqu’au bout. Il aurait fallu supprimer les provinces, les communautés… Rationaliser avant de toucher à l’index". Et de poursuivre : "En matière fiscale, on attendait un véritable big bang. Les employeurs attendaient des mesures fortes, avec la suppression des notionnels mais aussi une réduction drastique des impôts sur les sociétés".

Le président du PP nuance cependant un peu : "Il y a des mesures qui vont dans le bon sens. Mais par rapport à la situation du pays, de la Wallonie, les mesures annoncées ne sont pas suffisantes".

Que pense-t-il des visées indépendantistes de la N-VA, et de l’affaire des "cahiers Atoma"? "C’est fort loin des préoccupations des citoyens. Ça intéresse un certain Landerneau. Mais ça passe bien au-dessus de la tête des citoyens. Qu’il y ait des cahiers ou pas…". Le président du PP ne cache cependant pas que lui-même penche plutôt vers un confédéralisme. "Ceux qui n’ont pas compris qu’il y avait trois, voire quatre sensibilités dans ce pays et que chacun doit gérer au mieux sa communauté, ils n’ont pas compris le sens de l’histoire".

A l’Europe, le Parti populaire, qui ne compte aucun eurodéputé, a décidé de rejoindre le groupe du parti britannique UKIP de Nigel Farage.

Niger Farage qui, pour rappel, avait déclaré à Herman Van Rompuy, président du Conseil de l’Union européenne et ancien Premier ministre belge, qu’il avait " le charisme d'une serpillière mouillée et l'apparence d'un employé de banque". IL avait également affirmé que la Belgique était "une sorte de non-pays".

Mischaël Modrikamen estime que ce qui importe c’est qu’"ils se battent pour des valeurs, c’est un libéral conservateur comme nous. Mais chacun a son ADN". Il comprend cependant la remarque de Nigel Farage. "Vous avez des dirigeants qui débarquent de nulle part et qui n’ont aucune légitimité. Un parfait inconnu des citoyens. Pour lequel personne n’a voté. Les Anglais sont attachés à la démocratie parlementaire, la bureaucraties européenne est bien loin de ça…"

Le président du PP estime que "si l’Europe doit avoir un avenir, il faut respecter les sensibilités nationales. On ne peut pas faire une union avec des idées éthérées, avec l’hymne à la joie".

Au niveau belge, le PP a déposé une proposition de loi au Parlement fédéral, demandant que les Belges partis faire le jihad soient déchus de leur nationalité. Il explique : "Il y a des centaines de jihadistes belges qui sont partis combatte et commettre des actes barbares, ils sont un danger quand ils reviennent. Ils ont fait un choix, le choix d’autres valeurs, de commettre des actes barbares. Ils ne peuvent pas rentrer. Nous écartons du territoire les étrangers et nous privons de nationalité ceux qui ont une double nationalité. Mais on ne peut pas faire d’apatrides".

Et Mischaël Modrikamen de conclure : "Il faut agir sinon les responsables politiques auront du sang sur leurs mains".

 

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK