Mobilité à Bruxelles : plan Tram, zone 30 généralisée et fin de l'essence/LPG en 2035

Pour la nouvelle équipe gouvernementale bruxelloise, "l’apaisement de l’espace public" est une priorité absolue. Raison pour laquelle, "généralisation de la zone 30, la mise en œuvre du maillage local et du principe S-T-O-P iront de pair avec les investissements nécessaires dans l’espace public et une concertation approfondie avec les communes". Il faut rappeler que la mobilité est une compétence de la région, mais aussi des communes…

L’actualité récente le démontre quasi chaque jour : la mobilité tue dans la région-capitale. "Le Gouvernement défend la 'Vision Zéro' : zéro mort et zéro blessé grave est en effet le seul objectif acceptable […] Le Gouvernement s’engage à définir des actions prioritaires spécifiques, en ce compris des actions provisoires urgentes avant l’aménagement définitif, pour améliorer la sécurité aux points noirs identifiés comme les plus accidentogènes de la Région."

Comme déjà évoqué depuis 2002, mais cette fois-ci avec un timing précis : "Le Gouvernement concrétisera, pour le 1er janvier 2021, la création d’une zone 30 généralisée, à l’exception des voiries structurantes. La mise en zone 30 sera accompagnée de la mise en place d’aménagements adaptés et d’une signalisation adéquate des voiries structurantes régionales et communales, la zone 30 devenant la règle. Le Gouvernement initiera, en concertation avec les associations actives en la matière et les partenaires locaux (communes et zones de police), une vaste campagne de communication et de prévention visant à renforcer la crédibilité et l’acceptation sociale de cette mesure".

Doubler l’usage du vélo en 5 ans, encadrer les trottinettes

Un centre régional de traitement des infractions routières, sur le modèle wallon et flamand, sera créé. L’investissement et la mutualisation des infrastructures de sécurité (lidars, radars fixes, radars mobiles, caméras ANPR, etc.) seront accentués pour "renforcer l’action de la police".

En matière d’infrastructures cyclistes, "le Gouvernement établira, en début de législature et en partenariat avec les associations de cyclistes, un plan ambitieux d’investissements spécifique aux infrastructures cyclistes et procédera à l’aménagement systématique d’infrastructures cyclables séparées sur les grands axes régionaux et les voiries où le gabarit le permet. Le but est d’arriver à un réseau à maillage fin, confortable, sûr et continu. L’objectif du Gouvernement est de doubler la part modale du vélo en 5 ans, notamment en visant la réalisation de pistes cyclables supplémentaires et le bouclage du réseau ICR". Le gouvernement qui annonce également vouloir concrétiser le RER-vélo, et sur le territoire bruxellois, se concentre sur les lignes ferroviaires 28, 36, 60, 124 et 161.

Impossible de les louper, les trottinettes et vélos partagés sont partout. Il est temps d’y mettre de l’ordre, pour la nouvelle équipe gouvernementale : "Le Gouvernement mettra en œuvre et accentuera le cadre réglementant l’usage des vélos et trottinettes partagés, au travers d’un mécanisme d’octroi de licence assurant la qualité des services, le déploiement sur l’ensemble du territoire régional et le respect des règles générales, notamment de stationnement, pour mieux protéger les usagers faibles. Les redevances seront affectées à la création de stationnement en voirie pour les vélos et trottinettes partagés".

Métro nord confirmé pour 2023, nouvelles lignes de tram pour ne plus attendre

Pour ce qui concerne les transports en commun, Bruxelles vise "une augmentation substantielle de l’offre de transport public en surface d’ici 2025. […] Le Gouvernement s’engage à réaliser le Plan directeur Bus dans les meilleurs délais afin de viser une augmentation de l’offre de 30% d’ici la fin de la législature. Le Gouvernement examinera l’ensemble des technologies de propulsion qui seront disponibles afin d’améliorer les performances environnementales de la flotte ainsi que son impact sur la qualité de l’air. La ligne 71 bénéficiera de la mise en service d’un modèle de grand véhicule articulé et électrifié. La régularité de la ligne sera améliorée au maximum, grâce à la réalisation des mesures Avanti sur tout son tracé". Un Plan directeur tram sera rédigé, dès l’entame de la législature, "visant la réalisation de nouvelles lignes de tram sur l’ensemble du territoire régional, la tramification de ligne de bus structurante, ou la mise en site propre de lignes existantes". L’accord de gouvernement évoque, de façon explicite, "la réalisation d’ici 2021 de la prolongation des trams 3 et 9 vers le plateau du Heysel et, d’ici 2024, des nouvelles lignes de tram vers Neder-Over-Hembeek et Tour & Taxis". La tramification du 95 et du 49 sont aussi sur la table, tout comme la création d’une ligne de tram sur le site de Mediapark (RTBF-VRT-écoles-logements). Enfin, "la prolongation des lignes structurantes 7 (vers Forest) et 8 (vers Evere et vers la Forêt de Soignes) seront étudiées et planifiées, tout comme la mise en site propre sur certaines portions des lignes 92 et 55". Ici, cela concerne la zone de Schaerbeek qui attend le métro 3, qui n’arrivera pas avant 2030. C’est une sorte de compensation à la confirmation, malgré les doutes exprimés par Ecolo depuis plusieurs années, par la nouvelle équipe bruxelloise, du projet de métro vers Bordet.

La gratuité de la STIB, gros débat de la campagne, est étendue aux moins de 25 ans et aux plus de 65 ans à partir de 2020. "Plus largement, la politique tarifaire de la STIB sera revue afin d’améliorer l’accessibilité de l’offre. Dès 2020, le paiement par domiciliation mensuelle de l’abonnement annuel sera mis en œuvre pour limiter l’impact de l’abonnement annuel à tarif plein sur le pouvoir d’achat de la classe moyenne."

Le secteur du taxi renforcé

A propos du taxi, celui-ci doit "être considéré comme un service d’utilité publique. En ce sens, il doit se développer au bénéfice des usagers, de leur confort et du service qui leur est proposé. Il s’agit également d’un service de mobilité qui doit être protégé face à une concurrence, parfois déloyale, de la part de nouveaux acteurs disruptifs qu’il est nécessaire de réglementer. Pour atteindre ces objectifs, le Gouvernement mènera une réforme globale et concertée du secteur du transport rémunéré de personnes ayant pour objet notamment l’amélioration du service aux usagers et du statut des chauffeurs. Tous les services de transport rémunéré de personnes relèveront du même statut de base des taxis comme service d’utilité publique. Ceci impliquera notamment que l’accès à la profession, comprenant la formation et les conditions pour l’exploitation du service, ainsi que l’octroi de licences et autorisations sera harmonisé.. […] Le nombre de véhicules en service restera soumis à un numerus clausus, qui pourra être adapté, de manière objective sur la base d’études indépendantes et rendues publiques, en fonction de la situation socio-économique du secteur du transport rémunéré de personnes, y compris les conditions de travail dans le secteur et l’évolution de la concurrence économique". Par ailleurs, "afin de tenir compte des investissements consacrés par les détenteurs actuels de licence, les opérateurs actuels souhaitant quitter le secteur taxi et remettre leur licence ou autorisation à la Région bénéficieront d’une indemnité. Un Fonds régional sera créé à cette fin". De quoi satisfaire le secteur.

Une taxe kilométrique espérée, l’essence et le LPG balayés

En ce qui concerne la fiscalité automobile, "outil qui sera mobilisé afin d’atteindre les objectifs portés par la Région dans le cadre du Plan national énergie-climat", le gouvernement "réaffirme son souhait de conclure un accord de coopération entre Régions visant à mettre en œuvre une tarification kilométrique intelligente des véhicules légers sur la zone métropolitaine ou l’ensemble du territoire national. L’introduction d’une telle tarification doit supprimer et remplacer la taxation actuelle (taxe de circulation et taxe de mise en circulation)". Pas de péage urbain, donc.

La LEZ (zone basse émission) sera renforcée, avec une interdiction totale des moteurs à énergie thermique d’ici 2035 : "Le Gouvernement affirme sa volonté d’une sortie du diesel au plus tard pour 2030, et de l’essence et du LPG au plus tard pour 2035. Le Gouvernement déterminera les mesures d’accompagnement tenant compte de la situation sociale des ménages. Dès 2020, de nouveaux jalons seront définis pour tout type de véhicule pour la période 2025-2035, sur la base des conclusions de la consultation menée en 2019. Un Comité stratégique LEZ, composé d’experts indépendants, sera institué de manière pérenne afin de produire des recommandations quant à l’évolution et l’adéquation des restrictions prévues".

Particulièrement dans le viseur, la voiture individuelle. Ainsi, la région "ambitionne de réduire l’utilisation de la voiture individuelle à un quart des déplacements en 2030 et de réduire de 50% le nombre de déplacements de type "navette" réalisé en voiture individuelle (autosolisme) à l’horizon 2030, notamment en améliorant la mobilité domicile-travail. Une première étape visera à réaliser une réduction de 10% du nombre de véhicules, permettant une réduction de la congestion automobile de l’ordre de 40%".

Découvrez, dans le détail, les points les plus importants de l’accord de gouvernement bruxellois dans la série d’articles suivants :

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