Premier comité de concertation: la loyauté fédérale existe

Le lieu où devra jouer la loyauté fédérale
Le lieu où devra jouer la loyauté fédérale - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Ce jeudi matin, les entités fédérées ont rencontré le gouvernement fédéral pour la première fois depuis son installation. Cette rencontre des régions, des communautés et du gouvernement fédéral se nomme "comité de concertation". Dans le contexte politique délicat que connaît la Belgique depuis les élections, cette toute première réunion avait aussi un peu valeur de test.

Le dialogue entre les différentes composantes du pays est-il encore possible? Avec les majorités asymétriques au sud du pays et au fédéral et au nord, avec l'opposition constante entre la N-VA et le PS, avec la guerre de travées parlementaires entre MR et PS, la question se posait.

Clairement ce jeudi, personne n'avait envie d'être celui qui enterre d'emblée la concertation. Ainsi, histoire peut-être d'installer une bonne ambiance, Charles Michel a invité les ministres-présidents à discuter autour d'un petit déjeuner. Alors que de leur côté, à l'entrée, les chefs des entités fédérées n'ont pas manqué de répéter leur volonté d'entamer un dialogue constructif et de se montrer loyal, quelle que soit leur couleur politique et leur région d'origine.

Pour ce premier comité de concertation depuis les élections, l'ordre du jour n'ouvrait pas la porte à de réelles polémiques. Il s'agissait surtout d’établir un agenda pour les prochaines rencontres et aussi de voir l'état d'avancement de la mise en œuvre de la sixième réforme de l’État. Les ministres-présidents en ont profité pour rappeler certains dossiers prioritaires à leurs yeux. Le Wallon Paul Magnette entend bien discuter de la taxe sur les intercommunales envisagées par le gouvernement fédéral, alors que le Bruxellois Rudi Vervoort voudrait une solution pour le RER. Le ministre-président flamand Geert Bourgeois estime quant à lui qu'il est temps d'adapter la représentation belge dans les institutions internationales en tenant compte de la réforme de l’État.

Une heure de discussions et un message d'optimisme

Autant de sujets qui seront peut-être discutés dans les prochains mois car, après un peu plus d'une heure de discussion, le Premier ministre a annoncé que le comité de concertation se réunirait désormais une fois par mois. C'était déjà globalement le cas avec les gouvernements précédent,s mais cette régularité n'était pas toujours respectée. Aujourd'hui l'engagement est donc pris par tous les niveaux de pouvoir du pays.

Et cet engagement n'est pas le seul. A l'issue de la réunion, le Premier ministre n'a pas manqué de mettre en avant le fait que la concertation fonctionnait encore puisque tous les ministres-présidents du pays ont répété leur volonté d'être loyal vis-à-vis du fédéral. De quoi rassurer Charles Michel.

Pour le reste, le Premier a confirmé que la mise en œuvre de la sixième réforme de l’État se passait sans problème, rappelant que depuis le 1er janvier 2000 fonctionnaires fédéraux ont été transférés vers les communautés. Enfin, actualité oblige, le radicalisme s'est invité à la réunion du comité de concertation. Tous les participants ont ainsi décidé de renforcer la coopération entre le fédéral et les entités fédérées pour mieux lutter contre ce problème.

Aurélie Fogli

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