Mischaël Modrikamen: cela ferait du bien au PS d'être dans l'opposition

Mischaël Modrikamen: cela ferait du bien au PS d'être dans l'opposition
Mischaël Modrikamen: cela ferait du bien au PS d'être dans l'opposition - © Tous droits réservés

Pour le Président du PP (le Parti Populaire), invité de Matin Première ce jeudi, "le PS doit être dans l'opposition le plus longtemps possible". Ce serait une bonne chose pour la Wallonie, dit-il, mais aussi pour le PS lui-même "parce qu'il n'est plus qu'un parti de pouvoir pour le pouvoir avec toutes les dérives que l'on connaît : le népotisme, le clientélisme". Il estime, par ailleurs, que "nos valeurs sont attaquées par l'islamisme"

Alors que le PP est crédité, selon le dernier sondage de la Libre Begique, de 5,8% des intentions de vote en Wallonie et de 3,8% des intentions de vote à Bruxelles, Mischaël Modrikamen "espère plusieurs députés dans plusieurs assemblées". Il se dit même "prêt à soutenir un gouvernement de centre-droite sans le PS".

"Le PS doit être dans l'opposition le plus longtemps possible, pour redresser la Wallonie, pour faire les réformes qui s'imposent d'une part ; et j'ai envie de dire pour le PS lui-même parce qu'il n'est plus qu'un parti de pouvoir pour le pouvoir avec toutes les dérives que l'on connaît : le népotisme, le clientélisme. Donc, ce serait mieux pour eux et pour la Wallonie d'être dans l'opposition".

Le président du PP tient d'ailleurs à avertir l'électorat : "Je crois que beaucoup de gens qui voudraient voter MR devraient savoir que le MR ne veut faire qu'une chose s'il a beaucoup de voix, c'est s'allier au PS".

Il précise que son parti est "un parti de rupture mais aussi de responsabilités" Il ne fait pas que critiquer mais cherche "à assumer des responsabilités comme la N-VA au nord ou l'UDC en Suisse".

"Nos valeurs sont attaquées par l'islamisme"

Interrogé sur ce qui ne fonctionne pas en Europe, Mischaël Modrikamen estime qu'"il est temps de se réveiller". Comparant l'Europe à l'Asie, il affirme que l'"on apparait vieux, vieillissant, on ne croit pas à grand-chose".

Mais ce n'est pas le seul problème, dit-il, "nos valeurs aussi sont attaquées". "Il y a une montée en puissance de l'islamisme dans le monde et il est clair que l'islamisme politique a une vocation hégémonique" alors qu'"il y a une forme d'amollissement par rapport à nos valeurs".

"Au niveau politique, il faut un sursaut des consciences", ajoute-t-il. Autrement dit, "un mouvement de retour à la nation en partie, au bon sens. Cela ne veut pas dire qu'on n'est pas aussi européen, mais je pense que l'Europe a négligé complètement les identités nationales, qu'il faut les respecter par rapport à tout cela. Et puis un retour au bon sens, écouter les gens dans leurs préoccupations, ne pas leur imposer des décisions qui viennent d'en haut et qui ne tiennent justement pas compte de ces sensibilités".

Quant à savoir s'il se sent proche de Marine Le Pen en France ou de Geert Wilders aux Pays-Bas, il répond : "Nous nous sentons dans une famille qui s'assume, qui fait dans tous les pays d'Europe entre 15 et 35%, qui n'est pas représenté en Wallonie, qui existe en Flandre avec la N-VA (...) mais je ne partage pas toutes les aspirations".

Pas question, par exemple, de déclarer en Belgique, comme Geert Wilders aux Pays-Bas, qu'il y a trop de Marocains. "Ceux qui viennent ici doivent s'adapter à nos valeurs et doivent venir pour contribuer au bien-être commun. Et ceux qui respectent ces conditions sont les bienvenus et doivent être respectés", dit-il.

Malgré tout, il estime qu'il faut "mettre un stop" à l'immigration "pour permettre justement l'intégration de ceux qui viennent ici". "On n'a plus les moyens" de faire autrement, "c'est une question de justice sociale aussi". "Il n'y a pas de droit sans obligation, il n'y a pas de droit sans devoir", précise-t-il.

Et de conclure : "La société du PP est profondément démocratique mais elle affirme aussi des valeurs. Nous ne sommes pas dans la contrition permanente, comme on le voit trop souvent, et donnons effectivement prééminence à ce qui forme notre passé et disons que ceux qui viennent ici doivent s'intégrer à ces valeurs et ce n'est pas à nous de faire l'effort de s'intégrer aux autres".

Un rapprochement avec la Russie

Mischaël Modrikamen s'est également dit en faveur d'un rapprochement avec la Russie même s'il ne partage pas la politique russe menée à l'égard de l'Ukraine. "Mais il faut un rapprochement car nous avons des défis en commun, notamment face à la montée en puissance de l'islamisme et donc, il faut éviter de diviser".

Le président du PP n'a, par contre, pas répondu à la question de savoir si son parti considère les mesures prises à l'égard des homosexuels comme un modèle.

Assouplir la loi sur les armes, comme aux USA ?

L'une des volontés du PP est d'assouplir la loi sur les armes. Mischaël Modrikamen s'est expliqué. Il estime que "l'honnête citoyen" qui veut acheter une arme pour pouvoir se défendre, devrait pouvoir continuer à le faire comme il a pu le faire pendant 150 ans dans ce pays. Il précise tout fois qu'il faut un certificat de bonne vie et mœurs, et que la personne soit saine d'esprit.

Quant à la peine de mort, il n'est pas totalement contre. Pour des personnes comme Marc Dutroux ou pour des actes terroristes, cela pourrait se justifier, dit-il, "mais ce n'est pas dans le programme car la Convention européenne des droits de l'homme ne le permet pas".

 

C. Biourge

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