"Minable", "inexplicable"... comment les éditorialistes flamands voient-ils la crise politique?

Comment la presse flamande titre-t-elle sur la crise politique?
Comment la presse flamande titre-t-elle sur la crise politique? - © Tous droits réservés

"Encore deux semaines de crise", "Le cirque Michel continue à traîner la patte"... les éditoriaux des quotidiens flamands ne sont pas tendres envers la classe politique. Au lendemain du vote en commission des Relations extérieures, les membres du Parlement vont voter ce jeudi en séance plénière le pacte pour les migrations. Qu'en disent les faiseurs d'opinion en Flandre?

Het Laatste Nieuws: "Le cirque Michel continue à traîner la patte"

Jan Segers, l'éditorialiste du quotidien le plus lu de Flandre, s'en prend durement à la N-VA. Selon lui, le parti nationaliste hypothèque ses chances de participer au prochain gouvernement : "Le message de la N-VA est inexplicable. [...] Une seule conclusion pertinente ressort: peu importe ce qui se passe tout à l'heure (ndlr: vote à la Chambre), la chance que la N-VA arrive à trouver un partenaire est minime après ce conflit."

Het Nieuwsblad: "Ils devront nous pousser dehors"

Le deuxième quotidien souligne le fait que la N-VA et son chef de groupe à la Chambre, Peter De Roover, ne veulent pas prendre la responsabilité de faire chuter le gouvernement. La rédactrice en chef Liesbeth Van Impe a exprimé son exaspération pour la "nouvelle variante de blague belge". Elle estime que "la seule certitude qui subsiste, c'est que toute la classe politique en est sortie minable." Avant de demander: "Quelqu'un peut-il mettre un terme à ce honteux théâtre d'ombres ?

De Morgen: "La Belgique a déjà approuvé le pacte pour les migrations"

De Morgen ouvre son édition avec des citations de l'Open Vld et du CD&V: selon eux, le pacte pour les migrations a déjà été signé en septembre lorsque Charles Michel a tenu sa déclaration à l'Assemblée de l'ONU. Le rédacteur en chef Bart Eeckhout déplore le changement de cap constant de la N-VA, qui cède à la pression du Vlaams Belang. "Elle a senti le roussi sur son flanc droit. Paniquée, elle a commencé à jeter de l'huile sur le feu. Maintenant, elle n'arrive plus à garder l'incendie sous contrôle. C'est une faute que plusieurs partis commettent quand ils perdent de leur superbe. La nouveauté, c'est que c'est la première fois que la N-VA fait cette erreur."

De Standaard: "La N-VA perd une bataille, mais la guerre continue"

Pour le rédacteur en chef Karel Verhoeven, Bart De Wever s'est empêtrée dans une situation inconfortable: si quelqu'un d'autre se retrouvait dans la même situation que le président de la N-VA, ce dernier ne manquerait pas d'en parler avec condescendance. "Le parti au pouvoir par excellence doit se résigner à permettre aux petits partis au gouvernement de mettre sur pied une majorité alternative. Elle ne peut pas jouer son rôle favori de victime."

De Tijd: "Le gouvernement Michel n'est pas encore sauvé"

Le commentateur Bart Haeck observe que non seulement Bart De Wever, mais aussi Charles Michel paient les pots cassés de cette crise. Selon lui, le pire est à venir: "Celui ou celle qui dit que nous avons atteint le paroxysme, oublie que le président de la N-VA, Bart De Wever s'est tu ces derniers jours. Tôt ou tard, cela va changer."

"Gazet Van Antwerpen: Encore deux semaines de crise"

Pour le quotidien local, la crise au gouvernement fédéral complique la formation d'une coalition au niveau anversois. Bart De Wever est en train de négocier avec le sp.a dans le but de trouver un accord de gouvernance. "Pour le bourgmestre De Wever, cela devient encore plus difficile de convaincre ses partenaires de coalition et ses concitoyens d'origine allochtone qu'il veut vraiment réconcilier. Qu'a-t-il atteint avec cette crise pour son arrière ban de droite? Refuser de signer ce pacte ne rapporte rien concrètement", conclut la rédactrice en chef Kris Vanmarsenille.

Het Belang van Limburg: "Report d'exécution"

Le quotidien limbourgeois le caractère tout relatif de la notion de "ligne rouge" du côté de la N-VA. Le journaliste politique Yves Lambrix explique que cette crise est loin d'être déminée : "Aucune personne de sensée ne croit encore que le gouvernement Michel I va passer la Noël."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK