Milquet et la loi de Murphy

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Ou plus directement comme le disait Jacques Chirac : Les emmerdes, cela vole toujours en escadrille !

L’ingénieur en aérospatiale américain Edward Aloysius Murphy Jr. (1918-1990) a tenté de théoriser tout cela, résumant cette fatalité en une loi : S'il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu'au moins l'une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu'un quelque part pour emprunter cette voie.

On connaît la voie choisie par la ministre de l’Education…

Seule contre tous

Joëlle Milquet s’est souvent retrouvée seule. Elle est ainsi déjà bien isolée quand en 1995 Gérard Deprez la présente comme sa dauphine à l’étonnement des barons du PSC. Elle est bien seule ensuite en 1999 quand il faut assumer la déroute des sociaux-chrétiens évincés du pouvoir après plus de 40 ans au pouvoir.

Elle devra ensuite assumer face aux sceptiques la transformation du PSC en CDH au discours renouvelé et ouvert à d’autres sensibilités religieuses et ethniques.

Le retour du CDH au pouvoir devient donc naturellement son succès personnel. Mais elle finit aussi par lasser en interne et l’arrivée de Benoît Lutgen à la tête du parti correspondra vers un retour aux " fondamentaux " sociaux-chrétiens.

Un portefeuille énorme et " casse-gueule "

Ces 25 dernières années, seuls les ministres de l’Education qui sont restés sagement dans leur bureau (à tort ou à raison, peu importe) sans toucher à rien s’en sont sorti sans casse. Pas vraiment le genre de Joëlle Milquet, qui a en plus hérité de la Culture et de l’Enfance (ONE). A elle seule, elle gère un budget quasiment aussi important que tous les ministres wallons réunis ! Même si avec la dernière réforme de l’Etat, la situation va changer.

Mais aussi bien dans le dossier des cours philosophiques (les "cours de rien "), que dans celui de l’enseignement différencié (où elle se fâche contre les directeurs du libre) que dans ces examens de certification imaginés par d’autres avant elle, Joëlle Milquet n’aura guère obtenu de soutien, y compris dans ses propres rangs.

Pire peut-être, dans l’affaire Ozdemir, Benoît Lutgen a en quelque sorte soldé les années Milquet et l’ouverture tous azimuts aux communautés étrangères.

Dans ce cadre-là, les engagements de personnel issus de l’immigration pour soutenir sa campagne ne surprend pas vraiment dans la classe politique, y compris au CDH. Reste à voir si tout cela était effectivement illégal et la législation scrupuleusement observée.

S'il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu'au moins l'une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu'un quelque part pour emprunter cette voie…

 

@PhWalkowiak

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