Prisons: pour l'instant, seuls 40 militaires mobilisés à Lantin et Bruxelles

À la plus grande surprise des directeurs de prison, le gouvernement fédéral a décidé dimanche de réquisitionner l'armée pour assurer un soutien humanitaire au sein des établissements pénitentiaires francophones, dont les agents sont en grève depuis quinze jours maintenant.

Des militaires sont arrivés en matinée dans la prison de Lantin, et d'autres étaient attendus dans celles de Saint-Gilles et Forest, sans que le plan de répartition ne soit encore connu.

Déploiement limité à 40 militaires

Le ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) a convoqué les quatre principaux syndicats militaires ce lundi à 13 heures pour évoquer le dossier de la réquisition. Ce briefing – à titre strictement informatif, car les syndicats ne peuvent guère intervenir dans les décisions de déploiement du personnel de la Défense – s'est terminé peu avant 15 heures.

On apprend que ce ne sont plus jusqu'à 180 militaires (soit six pelotons de 30 personnes) tel qu'annoncé par le fédéral dimanche par voie de communiqué, mais bien de 40, dont 20 à la prison de Lantin, tel que la RTBF a pu le constater dès 10h30 ce lundi matin.

Les 20 autres militaires sont dédiés à la Région bruxelloise, partagés entre la prison de Forest et de Saint-Gilles (ils sont actuellement tous affectés à la prison saint-gilloise). L'ensemble de ces 40 soldats sont tous issus du bataillon de Spa.Ce renfort n'aura pas de contact avec les détenus, mais viendra en appui de la police, pour exercer des missions de surveillance de la prison et d'examen des caméras de surveillance.

"C'est un service minimum déguisé"

Les syndicats ont rappelé à Steven Vandeput leur inquiétude de voir les militaires utilisés pour casser la grève des agents pénitentiaires, ce qu'ils persistent à refuser.

"C'est un service minimum déguisé", commentait plus tôt Patrick Descy, secrétaire permanent à la CGSP-Défense. "On ne peut plus puiser indéfiniment dans les réserves de soldats combattants. Nous avons été contraints de supprimer les entraînements de plusieurs programmes et la prochaine étape sera peut-être la suppression de missions à l'étranger, au Mali par exemple."

Face à cette décision – une première en Belgique – les réactions n'avaient pas tardé dimanche soir, notamment du côté de l'association des directeurs de prison qui évoquait une mesure digne d'un État totalitaire. Les syndicats pointaient aussi un dangereux précédent.

La répartition des soldats entre les différentes prisons a été confiée au ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) en concertation avec les ministres de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA) et de la Défense Steven Vandeput (N-VA).

Une vingtaine d'hommes à Lantin

En matinée, aucune information n'avait encore été communiquée quant à la distribution de ces militaires entre les différentes prisons de Bruxelles et de Wallonie, mais les premiers hommes sont malgré tout arrivés à Lantin.

Une vingtaine de militaires du 12ème et 13ème de Ligne de Spa ont débarqué à 10h30, a constaté la RTBF sur place. Un peu plus tôt, le commandant militaire de la province de Liège était venu sur les lieux une demi-heure plus tôt.

Les directeurs des établissements de Mons, Tournai et Leuze nous avaient indiqué attendre d'y voir plus clair à l'issue de la réunion prévue ce lundi après-midi entre le cabinet du ministre de la Justice et les organisations syndicales de la Défense. La réunion entre le ministre Vandeput et les syndicats militaires leur apportent une première réponse.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK