Migration: Charles Michel demande une action et une communication "plus nuancées"

Ce jeudi, c’est la rentrée parlementaire à la Chambre. Très attendu par l'opposition qui lui reproche d'éviter ses questions depuis trois semaines, le Premier Ministre Charles Michel viendra s’exprimer pour la première fois sur l’affaire des Soudanais expulsés malgré les risques de torture devant les députés.

Une nouvelle ordonnance rendue ce mercredi par la chambre du conseil de Bruxelles, qui décide de libérer un migrant soudanais, semble en effet prendre à revers les arguments du gouvernement.

En une semaine, cinq décisions différentes sont allées dans le sens d'une illégalité de la détention de ressortissants soudanais en centre fermé. A chaque fois, le juge pointe un examen insuffisant de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme qui interdit un renvoi vers son pays d'origine d'une personne qui y court un danger.

De quoi inquiéter le gouvernement, alors que des motions de défiance ont été déposées contre lui? 

Pas vraiment: voici le scénario en trois actes prévu pour cet après-midi.

Acte 1: Le PM Charles Michel répondra une nouvelle fois aux députés sur le dossier Soudan, mais on ne voit pas très bien ce qu'il pourrait dire de plus, dans l'attente de l'enquête demandée sur les conditions d'expulsions vers Khartoum, expulsions désormais gelées. Enquête dont la N-VA a déjà dit qu'elle ne débouchera en aucun cas sur une démission de Théo Francken.

Acte 2 : la Chambre débattra des motions PS-CDH-Défi demandant pourtant encore cette démission, ainsi que de motion Ecolo-Groen demandant des explications au Premier Ministre.

Acte 3 : en début de soirée, après le débat, le vote sur ces motions où la majorité devrait afficher son unité, soulignant bon gré mal gré la confiance retrouvée. Vote majorité contre opposition.

Voilà en tout cas ce qui est de l'ordre du prévisible. Pour l'imprévu rendez-vous dans notre live ci-dessous

Charles Michel souhaite une coopération entre pays européens

Répondant aux nombreuses questions orales qui lui étaient adressées, le Premier ministre Charles Michel a rappelé que "la politique d'asile exige de la nuance. Nous avons été confrontés à une situation difficile après le démantèlement de la jungle de Calais. Nous avons opté pour une approche multidisciplinaires, afin notamment d'éviter une zone de non-droit avec des personnes non identifiées sur notre sol. Une question d'ordre public. Nous avons constaté que des personnes faisaient le choix de ne pas introduire de demande d'asile. C'est dans ce cadre-là qu'une mission d'identification ont été intervenues, suite à laquelle des décisions ont été prises pour 9 personnes."

"Les autres pays européens ont exactement la même approche, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie. Pour établir une politique de retour au sein de l'Union européenne, nous devons trouver une forme de coopération."

Le Premier a conclu sont discours en précisant que "la migration et la politique d'asile nécessitent à la fois une action nuancée, et aussi une communication nuancée", répondant par là à Patrick Dewael, qui avait plus tôt pointé le "style" de Theo Francken, ayant pour but "de séduire les électeurs d'extrême droite". Ce dernier l'a remercié de cette réponse.

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