Charles Michel: "Il n'y aura pas de rapatriement au Soudan tant que la clarté ne sera pas faite sur le sujet"

Migrants: Théo Francken et Charles Michel seront questionnés à la Chambre cet après-midi
Migrants: Théo Francken et Charles Michel seront questionnés à la Chambre cet après-midi - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Le secrétaire d’État à l'asile et à la migration ainsi que le Premier Ministre Charles Michel ont été interpellés sur des questions relatives aux arrestations des migrants et au renvoi des soudanais dans leur pays, cet après midi au Parlement.

Autre polémique, le quotidien La Libre Belgique a publié jeudi la copie d'un rapport, dressé par un dirigeant de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles. Pour Ecolo-Groen, ce document constitue une nouvelle preuve qu'il existait bien des quotas d'arrestation des migrants qui logeaient, en octobre dernier, dans le parc Maximilien. La ligue des droits de l'homme affirme aussi que des quotas d'arrestation de migrants existent.

"Jusqu’à quand allez vous menez ces politiques indignes de la démocratie?" a lancé Benoit Hellings, député fédéral Ecolo.

"Mr le Premier Ministre, ce gouvernement sous-traite sa politique de migration à une dictature. Vous faites les étonnés sur le fait que ces soudanais, aujourd'hui, sont molestés et agressés une fois de retour dans leur pays. Travailler avec un tyran à un coût, ce sont ces violences. C’est un coût humain, mais aussi un coût politique, c’est une honte pour notre pays", a-t-il ajouté.

Manque de crédibilité

Véronique Caprasse, députée fédérale DéFi, s'est aussi prononcée dans ce sens: "Mr le Premier Ministre, il y a trois mois Mr maingain dénonçait l’accord avec l’ambassadeur du Soudan. Cette collaboration inédite est contraire à nos engagements internationaux. Aujourd'hui, rien n’est garanti pour ces Soudanais. Mensonges, provocations, leur crédibilité n’est plus... tout comme la vôtre dans le gouvernement."

Julie Fernandez Fernandez (PS), elle, s'est insurgée contre le fait que Charles Michel et Théo Francken ne prêtaient pas attention aux intervenants. Elle s'est ensuite interrogée: "J’ai pensé à vous, comment vous alliez dormir. Si vous alliez vous endormir en sachant que la collaboration technique avec le Soudan avait conduit des hommes à la torture et dans des prisons."

Faire la clarté sur le sujet

"Il n'y aura pas de rapatriement tant que la clarté ne sera pas faite sur le sujet", a répondu Charles Michel. "Nous avons été confronté à une situation exceptionnelle au cœur de Bruxelles, au parc Maximilien. Il fallait prendre des initiatives pour éviter un Calais."

Le Premier Ministre a ensuite ajouté: "Nous avons, dans l’évaluation permanente, constaté que nous étions face à des migrants qui ne voulaient pas demander l’asile en Belgique. Ils ne veulent pas rester ici. Ils veulent se rendre en Angleterre."

Le chef du gouvernement a rappelé l'importance à ses yeux de l'article 3 de la Convention européenne de droits de l'homme, qui prohibe la torture et les mauvais traitements, "un principe sacré".

Ce à quoi Raoul Hedebouw, député fédéral et porte-parole du PTB, a répondu: "Ah ils n"ont pas introduit une demande ici en Belgique ? C'est pour cela qu'ils doivent être torturés? Prenez vos responsabilité et attaquez cette politique de Mr Francken."

Benoit Hellings, loin d'être satisfait des réponses du Premier Ministre a ajouté: "Vous avez annoncé un moratoire et je constate que tous les partis de la majorité, sauf la N-VA, ont applaudi. Aujourd'hui, des milliers de belges accueillent des migrants. J’ai rencontré une de vos électrice et elle m’a dit à quel point elle était dégoutée par cette politique de quotas et de collaboration. Pitié, ne tournez pas le dos à votre nature, à notre nature à tous, la nature humaine. Ce sont des humains qui méritent le respect."

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