Migrants soudanais : le CGRA émet des "doutes sérieux" sur les témoignages de maltraitance

Le rapport rédigé par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) concernant les cas possibles de torture de Soudanais renvoyés par la Belgique vers leur pays d'origine, a été discuté en kern (conseil des ministres restreint) ce vendredi matin. 

Le Premier ministre Charles Michel (MR) a indiqué au cours d'une conférence de presse que, selon le rapport, les missions d'identifications et les retours vers le Soudan pouvaient reprendre moyennant le respect de certaines recommandations, notamment la présence d'un interprète et l'information préalable de la présence possible d'agents soudanais.

Dans son rapport, le CGRA émet des "doutes sérieux" sur les témoignages de torture diffusés au sujet de Soudanais rapatriés. Ces témoignages avaient été apportés par l'ONG "Institut Tahrir" qui a collaboré à l'enquête du Commissariat général. Le CGRA a pu retracer certains témoignages et a eu des contacts avec des ambassades de pays étrangers, le HCR, l'OIM.

Les expulsions avaient été organisées avec le concours d'une mission d'identification venue de Khartoum. Le CGRA ne remet pas en cause la mise en place de telles missions à condition que les personnes soumises à l'identification voient leurs droits garantis. Les expulsions vers le Soudan peuvent reprendre à condition que soient vérifiées "sur le fond", au cas par cas, les garanties que les individus concernés ne feront pas l'objet de traitements inhumains et dégradants.

En ce qui concerne le respect du principe de non-refoulement prévu par l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'Homme, le Premier ministre se prononce pour la création d'une commission d'accompagnement afin d'améliorer l'application de cet article. 

A lire aussi : Consultez le rapport intégral du CGRA

Le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), s'est réjoui des conclusions du rapport. "Il y a eu des mots et des accusations très durs à mon encontre. Il appert que la politique menée ne doit pas être fondamentalement revue", s'est-il réjoui tout en s'engageant à mettre en oeuvre les recommandations du CGRA.

Depuis la mise au jour de témoignages recueillis par l'Institut Tahrir, les expulsions vers le Soudan avaient été suspendues. Actuellement, 18 soudanais se trouvent dans les centres fermés dont cinq n'ont pas demandé l'asile. A leur égard, il s'agira d'opérer des contrôles supplémentaires sur l'existence d'un quelconque risque en cas de rapatriement, a précisé le secrétaire d'Etat N-VA.

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