Migrants: dès ce samedi, des familles avec enfants peuvent être enfermées

A partir de ce samedi, des familles avec enfants peuvent être enfermées dans des maisons unifamiliales au centre 127 bis de Steenokkerzeel. Une mesure dénoncée une nouvelle fois par le HCR et par Myria, le centre fédéral de migration. Mais quelles familles pourront être détenues dans ces maisons? Dominique Ernould, porte-parole de l'Office des étrangers, précise que ce seront des familles en séjour illégal.  Celles qui "ont déjà reçu un ordre de quitter le territoire, mais n’y ont pas donné suite volontairement. Celles qui n’ont pas non plus donné suite au coaching opéré par l’office des étrangers. Eventuellement, celles qui se sont évadées des lieux d’hébergement ouverts. Quand ces conditions sont remplies, et seulement en dernier recours, les familles pourront être retenues dans des maisons au 127Bis (ndlr: de Steenokkerzeel)"

Il est de la responsabilité des parents d’obéir à un ordre de quitter le territoire

Aux critiques évoquées par le Myria, Dominique Ernould répond que cela reste des détentions administratives.  "Il est de la responsabilité des parents d’obéir à un ordre de quitter le territoire. A partir du moment où ils n’obéissent pas, ils s’exposent à la possibilité d’un rapatriement sous la contrainte. Alors oui, le principe de l’enfermement des enfants est quelque chose de critiquable, mais il faut savoir que les parents, au départ sont responsables de cette situation."

Des mesures de précautions ont été prévues

Il n’empêche, la mesure fait bondir bon nombre d'associations et d'instances officielles. Le Haut-Commissariat des Réfugiés aux Nations Unie ou le Centre fédéral de migration (Myria) exhortent la Belgique à ne pas enfermer des enfants avec leurs familles avant d’être expulsés. Notamment pour des raisons psychologiques. Mais pour Dominique Ernould, des mesures de précautions ont été prévues. "On a veillé à ce que l’intérêt de l’enfant soit sauvegardé dans toutes ses dimensions. Chaque famille habite une maison séparée. Les enfants restent sous l’autorité absolue de leurs parents. On met à leur disposition des activités, voire des cours particuliers, des leçons données par des instituteurs si leurs parents sont d’accord. Mais on ne peut pas dépasser le délai de deux semaines, renouvelable une seule fois. La détention maximale ne peut donc pas dépasser 4 semaines."

Des alternatives plutôt que des dispositifs criminalisants

Des précisions qui ne rassurent pas le HCR qui rappelle que depuis 2009, la Belgique avait mis fin à l’enfermement d’enfants. Myria, dans un communiqué publié vendredi, assure de son côté qu’il " suivra de près la manière dont ces familles vont être détenues". Il plaide pour que "les autorités mettent davantage de moyens dans les alternatives à la détention plutôt que dans des dispositifs répressifs et criminalisants, bien plus coûteux tant financièrement qu’en droits humains."

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