Michel Vandenbosch, président de Gaia, sur DierAnimal: "Je me demande à quoi ça sert réellement"

Ce mardi matin, Michel Vandenbosch, président de Gaia, l’association de défense des animaux, était l'invité de Matin Première.
Ce mardi matin, Michel Vandenbosch, président de Gaia, l’association de défense des animaux, était l'invité de Matin Première. - © RTBF

Un nouveau parti voué à la défense de la cause animale apparaît sur la scène politique belge : DierAnimal. Il devrait se présenter au suffrage pour la première fois en mai 2019 lors des élections régionales.

La présidente, Constance Adonis Villalon, s’inscrit et situe son parti dans un courant antispéciste. "L’antispécisme vient du spécisme, donc l’espèce, et nous sommes contre toute forme de discrimination envers l’espèce, donc envers les animaux. On est contre toute forme de discrimination pour le genre, pour la couleur, pour l’âge, pour l’espèce. Pour nous, tout être vivant doit donc être considéré au même pied d’égalité que les humains, que la planète. On doit tous vivre en harmonie, se respecter et se protéger, en tout cas pas s’exploiter".

Quant principaux points du programme du parti, la présidente assure que cela "touche à tellement de choses". "Ça touche à l’alimentation, au divertissement, aux tests sur les animaux qui sont utilisés dans les laboratoires et aussi à la justice, puisque pour l’instant les animaux sont considérés comme des objets. Une de mes priorités est donc de changer le statut de l’animal pour qu’il soit considéré comme un être sentient et sensible, et non plus comme un objet".

À travers l’Europe, il y a une dizaine d’autres partis du même type qui existent déjà. Ce mardi matin, Michel Vandenbosch, président de Gaia, l’association de défense des animaux, était l'invité de Matin Première.

Que pensez-vous de la création d’un parti spécial pour les animaux?

"Gaia n’a pas eu besoin de la création d’un parti animaliste pour influencer le monde politique en faveur du bien-être animal. Il faut quand même savoir que le bien-être animal, en tant que compétence, a été séparé de l’agriculture à très juste titre. Nous comptons en Belgique, dans chaque région, un ministre du bien-être animal. C’est unique au monde et ça a quand même permis de réelles avancées. Il faut savoir que Carlo di Antonio en Wallonie, Bianca Debaets à Bruxelles et Ben Weyts en Flandre, il est clair que ces trois ministres prennent très au sérieux leurs compétences".

Pour vous, il n’y a pas besoin de lancer un parti comme ça?

"Je me demande un peu à quoi ça sert réellement et véritablement. Je crois que ce dont les animaux ont besoin est plutôt de faire en sorte que chaque parti traditionnel accorde de plus en plus d’importance au bien-être animal".

Du Gaia dans tous les partis politiques...

"Voilà, c’est un peu ça. Un nouveau parti, OK d’accord, mais il faut savoir qu’en Belgique, il faut que 5% des électeurs votent pour ce parti pour que ce nouveau parti obtienne un siège. Ce n’est pas évident du tout".

Vous, vous ne pourriez pas intégrer la liste par exemple?

"Pas du tout, et ce n’est absolument pas dans mes intentions. Nous estimons qu’il vaut mieux pour les animaux que dans chaque parti traditionnel existant, le bien-être animal soit placé en haut de leur agenda".

Il y a quand même une question éthique et philosophique autour de la création d’un parti comme celui-là. Est-ce que c’est normal de mettre en avant les animaux plutôt que les êtres humains dans une démarche politique?

"On constate quand même que les animaux et leur bien-être deviennent de plus en plus importants dans notre société, donc c’est quand même logique que des citoyens qui estiment que la protection des animaux est jugée insuffisante se réunissent et créent un nouveau parti. C’est un peu dans la logique des choses. À partir du moment où un phénomène, un problème ou un sujet de société devient de plus en plus important, on constate ça".

Mais en mettant de côté l’être humain?

"Pas du tout. Je ne crois pas que ce parti mette de côté l’être humain. Je crois qu’il faut l’être humain et les animaux. Quand un être est vulnérable, il faut le protéger contre tout abus de pouvoir. Maintenant, ces gens ont cru bon de créer un parti politique, nous on part plutôt du principe que ce sont donc tous les partis — voilà ce que les électeurs attendent — qui doivent encore accorder beaucoup d’importance au bien-être animal, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui".

J’entends que vous êtes quand même satisfait de la gestion de la question animale actuellement par les niveaux de pouvoir. Ça veut dire qu’il n’y a plus de problèmes?

"Ça, c’est autre chose. La Belgique n’est pas soudainement devenue un paradis sur Terre pour les animaux, mais c’est vrai que par exemple Monsieur Di Antonio a quand même réalisé de très belles avancées, de réelles avancées. Il y a quand même l’interdiction de l’élevage des visons en Wallonie et à Bruxelles, il y a la stérilisation obligatoire des chats abandonnés par milliers dans les refuges, ce qui évite quand même énormément de souffrance et il y a aussi l’interdiction de l’abattage sans étourdissement, aussi bien en Flandre qu’en Wallonie. Ça n’arrive pas tous les jours, mais ce sont quand même de belles avancées".