Michel Lelièvre passé à tabac: "Il ne doit son salut qu'à l'intervention d'une tierce personne", explique son avocate

Michel Lelièvre, 48 ans, ancien complice de Marc Dutroux, a été agressé mercredi midi à Anderlecht. Le parquet de Bruxelles confirme qu’une "enquête est ouverte pour coups et blessures volontaires et dégradations volontaires". Les agresseurs se sont en effet introduits dans le lieu où réside Michel Lelièvre. Il a dû être pris en charge par les services de secours.

Son avocate, Benjamine Bovy, revient sur les circonstances de l’agression : "Cela s’est passé sur deux jours. Le mardi 17 décembre, en sortant de chez lui, Michel Lelièvre a été reconnu en rue par des gens, qui s’en sont aussitôt pris à lui en l’invectivant. Il a alors pris la fuite et contacté son assistant de justice. En concertation avec celui-ci, le TAP et le parquet, il a été convenu qu’il ne devait pas passer la nuit suivante sur place et devait loger ailleurs. Il a appris le lendemain matin que son appartement avait été visité. Il s’est rendu sur place et a vu son appartement totalement saccagé. Il était avec une tierce personne et quand ils sont sortis, il a à nouveau été pris à partie par plusieurs personnes qui l’ont insulté et passé à tabac, roué de coups. Il s’est mis en boule sur le sol. Je crois qu’il doit son salut au fait qu’il y avait là une tierce personne qui est intervenue et est parvenue à faire partir les gens, d’ailleurs au péril de sa propre intégrité physique puisqu’elle a aussi été blessée". 

Un constat de lésions a été effectué à l’hôpital, un hôpital qu’il a quitté depuis. Et l’avocate d’ajouter que "encore une fois, les faits reprochés à Michel Lelièvre sont gravissimes, mais cela ne justifie pas que l’on s’en prenne à lui". 

Et de reconnaître qu’il s’agit d’une agression que son client redoutait. Client qui a depuis été relogé ailleurs, toujours en concertation avec les services de Justice. Une enquête a été ouverte pour identifier ses agresseurs.

Pour rappel, Michel Lelièvre avait quitté la prison le 2 décembre dernier, bénéficiant d’une libération sous strictes conditions validée en septembre par le tribunal de l’Application des Peines. On savait ainsi qu’il allait vivre en Région bruxelloise. Sachant qu’il lui est interdit de se rendre dans certains coins du Brabant flamand, du Limbourg, du Hainaut, de Liège, du Luxembourg et de Bruxelles, zones où vivent ou travaillent les victimes survivantes ou les proches des victimes qui n’ont pas survécu.

Michel Lelièvre doit aussi se soumettre à des contrôles et ne peut consommer ni drogue ni alcool. Il devait débuter une formation en informatique pour prouver qu’il compte se réinsérer professionnellement.

Michel Lelièvre avait été condamné en 2004 à 25 ans de prison pour association de malfaiteurs, enlèvement d’enfants, séquestration et trafic de drogue. Celui qui servait d'"homme à tout faire" de Marc Dutroux avait été reconnu coupable d’avoir aidé le pédophile à enlever Sabine, Laetitia, An et Eefje. Il avait passé 23 ans derrière les barreaux de la prison d’Ittre.

 

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