Michel De Maegd (RTL): "On a tous le cœur à gauche"

Le journaliste vedette de RTL-TVI et présentateur du Journal télévisé du soir Michel De Maegd sera en troisième position sur la liste fédérale du MR à Bruxelles en vue des élections du 26 mai prochain. Révélation ce mercredi des quotidiens La Libre et la Dernière Heure. La confirmation en a été faite ce mercredi matin 9h au siège du MR lors d'une conférence de presse en présence du président du parti Charles Michel, de Didier Reynders tête de liste fédérale à Bruxelles, Sophie Wilmes N°2 sur la même liste et Françoise Schepmans, tête de liste régionale bruxelloise. Commentaires de Charles Michel : "Je suis particulièrement heureux d'accueillir cet engagement fort, solide, robuste d'une belle personne et d'une belle personnalité".

D'après les informations récoltées par les journaux, Michel de Maegd avait averti son employeur qu'il s'engageait en politique active et qu'il ne pourrait donc plus travailler comme journaliste au sein des rédactions du groupe audiovisuel (il est également présent en radio, sur Bel-RTL).

Pour Michel De Maegd, "comme journaliste on a des convictions personnelles, mais on les met dans un tiroir fermé à double ou à triple tour, ce que j'ai fait avec honneur et j'en suis très fier. J'ai couvert des conflits difficiles, au Kosovo, au Rwanda ou en Bosnie notamment. Ces moments m'ont convaincu qu'on ne peut pas rester les bras ballants quand on a une notoriété. Je souhaitais à présent aller au-delà de l'observation", et d'ajouter: "La notoriété n'a de sens que lorsqu'elle sert un engagement pour le plus grand nombre. C'est très confortable de rester dans son fauteuil de présentateur du journal et j'aurais encore pu le faire pendant longtemps, c'est ce que RTL aurait souhaité, je pense, et bien j'ai décidé de franchir le pas à titre personnel et de devenir un acteur du changement; je vois beaucoup de présentateurs qui s'accrochent contre vents et marées, je ne suis pas du tout dans cette dynamique-là, j'ai 49 ans, j'ai une autre vie devant moi et j'ai des idées à faire valoir". Et d'insister sur sa démarche personnelle : "Ce n'est pas le MR qui est venu à moi, c'est moi qui suis allé frapper à la porte du MR, pas l'inverse (...). Je suis un libéral social, je me dis même que je suis un gauchiste de droite".

Je me suis rendu compte des méfaits réels du changement climatique. Je me suis dit : il faut agir. J'en ai fait un film, un livre, des dizaines de conférences et j'ai porté ce message

Le journaliste - qui devrait assumer dès la semaine prochaine des responsabilités de communication et de conseil en lien avec la campagne du MR - sera particulièrement chargé des thématiques environnementales : "Il y a dix ans, j'ai fait le tour du monde en ULM entre Sydney et la Belgique avec le soutien du WWF. Je me suis rendu compte des méfaits réels du changement climatique. Je me suis dit : il faut agir. J'en ai fait un film, un livre, des dizaines de conférences et j'ai porté ce message. L'écologie est un enjeu qui transcende les étiquettes politiques. Elle est globalisée", a déclaré celui qui a aussi confessé des divergences avec Ecolo "sur les moyens d'y arriver". 

Pour rappel, depuis 2014 le MR dispose de quatre députés fédéraux (siègent effectivement  actuellement : Gautier Calomne, Philippe Pivin, Françoise Schepmans, Damien Thiéry) pour représenter Bruxelles. Didier Reynders espère "faire au moins aussi bien". 

3ème place, c'est une belle place, avec toutes les chances de se voir effectivement élu le 26 mai prochain. Pour un nouveau venu. De quoi visiblement faire déjà grincer quelques dents supplémentaires au sein d'un MR bruxellois déjà déstabilisé par les tiraillements autour de la candidature de sa tête de liste au fédéral Didier Reynders candidat aussi au conseil de l'Europe, ce qui aurait ranimé le conflit interne reyndersiens-michéliens au sein du parti. MR bruxellois qui a dû aussi faire face à la sécession de l'ex-sénateur MR Alain Destexhe, parti fonder ses propres listes...

Certains mandataires libéraux ne voient pas forcément l'arrivée du journaliste avec la plus grande joie. Réaction du principal intéressé : "J'arrive. j'ai décidé de m'engager politiquement donc je vais voir. Bien sûr il y a des gens qui vont considérer que mon arrivée n'est pas super réjouissante en terme de positionnement sur les listes, mais à un moment-donné où vous voulez porter haut et fort des valeurs et un engagement, évidemment vous voulez le faire sur une place... éligible parce que sinon ça n'a pas beaucoup de sens. Je suis fier de cette immense marque de confiance. Il faut être à la hauteur. C'est un sacré challenge".  

Archives: Journal télévisé 10/03/2014

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