Michel Barnier: "Les dettes d'aujourd'hui sont des impôts pour nos enfants"

Premier sujet, la situation italienne. La démission de Silvio Berlusconi n’a pas eu d’effet positif sur les marchés. Michel Barnier ne veut pas parler de naufrage. "Il faut garder son sang-froid. Il ne faut pas oublier que la crise de la dette souveraine succède à la crise venue des Etats-Unis. La situation est donc exceptionnelle. Ensuite, je pense que l’essentiel, c’est de mettre en œuvre les décisions qui ont été prises au dernier sommet européen, tant au niveau de l’Union qu’au niveau des pays pris individuellement. A propos de l’Italie, je rappelle qu’il s’agit d’un grand pays industriel qui possède de bons fondamentaux économiques. Si l’Italie suit les mesures européennes, alors la situation redeviendra normale". Et pour le commissaire européen, il y a urgence. "Les marchés demandent maintenant de la stabilité. Il faut se montrer responsable parce que les dettes que nous créons aujourd’hui sont des impôts pour nos enfants".

La Belgique pourrait-elle se retrouver dans la même situation ? Michel Barnier n’a pas voulu détailler spécifiquement le cas de notre pays, il estime plutôt qu’aucun pays n’est à l’abri. "Aucun pays européen n’est dispensé de suivre les recommandations européennes. Je ne veux pas distribuer de bons et de mauvais points. Il faut juste que chacun remette de l’ordre et fasse attention à sa dette et à ses finances publiques. Je veux aussi voir le positif de cette crise, elle a notamment permis une prise de conscience qui a abouti à la création des outils de contrôle économique". Toujours à propos de la Belgique Michel Barnier a rappelé que la Commission européenne n’a pas demandé à la Belgique de revoir son système d’indexation de salaires. "La Commission a demandé des efforts et une réforme, mais pas une suppression".

Changer les agences de notation

Le commissaire européen a aussi détaillé son point de vue par rapport aux agences de notations. "Elles sont trop peu nombreuses et ont un rôle trop important. Je veux qu’on diminue l’importance des notes et augmenter la concurrence. Il faut que les agences soient crédibles, qu’elles ne soient pas suspectes de conflit d’intérêt. Il faut aussi plus de clarté sur leurs méthodes. Ces agences ne sont rien d’autres qu’un thermomètre et ce n’est pas le thermomètre qui indique les raisons de la fièvre. Il ne fait que la mesurer". A court terme, Michel Barnier espère donc que l’importance des notes et la dépendance des pays à ces cotations seront moins importantes.

Sacha Daout

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