Mgr Léonard: "Une loi votée démocratiquement peut être injuste"

Monseigneur Léonard confirme sans réserves les options de l'Eglise catholique.
Monseigneur Léonard confirme sans réserves les options de l'Eglise catholique. - © RTBF

En début d’année, Mgr Léonard appelait les chrétiens à peser en politique. En cette fin d'année, il prend position en faveur du mariage homme-femme.

Monseigneur Léonard a réagi aux différents débats qui ont animé l’actualité ces dernières semaines. À propos du mariage homosexuel, il déclare, sans surprise : "Nous pensons avec d’autres, pas forcément des chrétiens, que le mariage est fondamentalement, par définition et par nature, l’union, capable éventuellement de transmettre la vie, d’un homme et d’une femme et qu’il y a intérêt à respecter cette réalité. Nous ne refusons à personne le droit de cohabiter mais ce que je remets en question c’est qu’on appelle cela un ‘mariage’. Les contrats de vie commune existants suffisent à garantir fiscalement, économiquement, etc., la vie ensemble."

Réagissant aux manifestations récentes qui se sont déroulées en France contre le mariage homosexuel, il estime "que le combat mené en France est d’avant-garde, prophétique pour l’avenir de la famille." Il constate aussi que les trois religions monothéistes "sont d’accord entre elles sur ce sujet parce qu’elles sont attentives : nous pensons parfois en Occident qu’il suffit d’un vote majoritaire pour changer la nature profonde des choses. Or un vote de ce type n’est pas nécessairement en faveur d’une loi qui est juste. On a connu des lois votées démocratiquement et qui ont semblé injuste à la classe ouvrière, et donc qui ont contestées, avec raison."

Les chrétiens présent "de l'intérieur"

Alors cette année, est-ce que, répondant à son appel, les chrétiens ont "pesé" sur la vie politique ? "Je n’emploie jamais le mot ‘peser’ réagit-il, qui fait penser à une action extérieure, à du lobbying. Je dis qu’ils doivent participer, de l’intérieur, aux débats de sociétés."

A propos de la proposition de loi du sénateur Mahoux sur une extension de l’euthanasie : "Les évêques de Belgique ont déjà pris position à propos de l’euthanasie en général alors a fortiori, pour des personnes mineures, dont les droits sont souvent limités... Ici on permettrait à des mineurs de prendre une position radicale qui conditionne la liberté de beaucoup d’autres personnes et pèse sur le sens que nous avons à long terme de la vie, de la mort et de la solidarité avec les personnes qui souffrent ? L’euthanasie impose à toute une profession médicale et paramédicale de changer de signification. C’est une illusion de penser que les options personnelles en matière d’euthanasie sont uniquement personnelles."

Et de plaider pour une objection de conscience que peuvent invoquer les médecins, les institutions, "mais plus difficilement le personnel infirmier", assure le cardinal.

Pourquoi le cardinal a-t-il été peu médiatisé cette année ?

Si André Joseph Léonard a été peu présent dans les médias cette année, "ce n’est pas par stratégie organisée, mais une question de circonstances et de disponibilités", explique-t-il.

Patrick Bartholomé

 

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