Mettre fin au chômage en Wallonie d'ici à 2030, est-ce réaliste?

Est-il possible d’atteindre le plein-emploi en 2030 en Wallonie ? L’objectif figure dans la note des négociateurs PS et Ecolo qui ont reçu différents acteurs aujourd’hui comme la FGTB, l’Union wallonne des entreprises ou le Forem. Les derniers chiffres de mai 2019 montrent qu’il y a encore 192.000 demandeurs d’emploi inoccupés en Wallonie. Une tendance à la baisse, mais pas au rythme actuel. La Wallonie est encore bien loin de pouvoir imaginer résorber complètement le chômage à l’horizon 2030.

L’union wallonne des entreprises se montre positive face à cet objectif du plein-emploi

Pour l’administrateur délégué de l’Union wallonne des entreprises (UWE), Olivier De Wasseige, les défis sont nombreux pour atteindre un niveau de plein-emploi mais l’objectif reste possible. "L’union wallonne des entreprises a sorti un rapport qui montre que la Wallonie pourrait atteindre le même niveau de plein-emploi que ce que connaît la Flandre actuellement. Mais cela ne se fera pas sans un certain nombre de conditions sur les pièges à l’emploi, sur la formation, sur l’alternance, sur les métiers en pénurie…" Olivier De Wasseige estime le chantier énorme mais se dit positif sur la capacité de la Wallonie à y arriver.

La politique industrielle absente de la note PS – Ecolo selon la FGTB wallonne

Interrogé lui aussi sur cet objectif de plein-emploi, Thierry Bodson, secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB a estimé qu’atteindre le plein-emploi nécessitait de développer des politiques dans la formation, la recherche ou des politiques industrielles. Or, "la politique industrielle est absente de la note des négociateurs. Cette note est aussi insuffisante sur le volet recherche ou fiscalité".

Orienter les demandeurs d’emploi vers les métiers en pénurie

Le Forem est conscient de ces tensions sur le marché de l’emploi et a établi une liste de 28 fonctions critiques et de 72 métiers en pénurie de main d’œuvres. Cette liste permet également au Forem d’adapter son offre de formations. Sur les 273 formations proposées, plus de 130 concernent des fonctions critiques.

Faut-il aller jusqu’à orienter de manière plus directive les demandeurs d’emploi vers les secteurs en pénurie ? Bernard Piette, directeur général du pôle compétitivité logistique estime la question difficile. "En Wallonie, nous n’avons pas l’habitude d’inciter voire forcer les gens à faire des choix pour certaines filières. Mais je peux vous dire que dans le secteur logistique, il y a une forte demande de travailleurs à tous les niveaux de qualification dans les entrepôts mais aussi pour les diplômés BAC +3. Les entreprises logistiques ont un mal de chien à trouver ces personnes diplômées."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK