Restructuration chez Mestdagh: "On nous a dit: 'C'est ça ou toute l'entreprise crève!'"

A la sortie du conseil d'entreprise extraordinaire convoqué par Mestdagh ce lundi matin, les syndicats n'ont pas mâché leurs mots : "C'est la catastrophe ! C'est une catastrophe, cela représente plus de 20% du personnel, dix par magasin. On ne sait même pas comment les magasins vont continuer à travailler", a déclaré Danny Dubois, permanent CSC. 

Annonçant les 450 pertes d'emplois envisagées, Myriam Delmée, la vice-présidente du Setca en charge du secteur de la distribution précise qu'à côté de ces pertes d'emplois, il y aura "une diminution du personnel intérimaire. Il faut savoir que chez Mestdagh, l'intérim est conséquent. Il y a aussi une suppression des CDD qui sont en cours. Cela veut dire que dans les faits, il y aura plus que dix personnes (en moins par magasin, ndlr) puisque les intérimaires et les CDD en plus, cela va faire une masse ingérable pour continuer à travailler convenablement dans les  magasins".

Et d'ajouter : "C'est une première restructuration chez Mestdagh, mais c'est une restructuration qui va compter !"

>>À lire aussi: Restructuration chez Mestdagh: pas de fermeture de magasin, mais 450 suppressions d'emplois

"On ne parle pas du tout de volontariat"

Pour Myriam Delmée, il n'est pas du tout question de parler de départs volontaires : "Ce sont vraiment des départs obligatoires". 

Mais elle précise : "Ils nous ont d'ailleurs très clairement expliqué que s'il n'y avait pas assez de départs volontaires, ils procéderaient à des licenciements, que le but était de les limiter, mais ils n'ont pas donné de garanties sur le fait qu'il n'y ait pas de licenciements secs"

"Je ne suis pas certaine que cela va bien se passer...Je ne sais pas comment on va expliquer cela. Cela va être compliqué de travailler demain", conclut-elle.

"C'est plus qu'un bain de sang social"

Danny Dubois, permanent CSC, va encore plus loin. Pour lui, "c'est un bain de sang social, le pire que l'on ait connu dans le secteur de la grande distribution"

Et d'expliquer que quand il a avancé devant la direction qu'avec autant de départs annoncés, "les travailleurs vont crever sur le terrain", il explique que la réponse a été celle-ci : "C'est ça ou toute l'entreprise crève !".

"Vous imaginez où on va, hein ? C'est plus qu'un bain de sang social !"

>>À lire aussi: Comment la direction du groupe justifie son plan de licenciements

Suite à cette annonce, les travailleurs ont décidé de débrayer. Les premiers à le faire sont ceux d'un magasin de Ans, en région liégeoise. De nombreux autres ont suivi. En fin d'après-midi, il semblait se confirmer que l'ensemble des 52 magasins avaient débrayé.

Le siège social du groupe à Gosselies a également été bloqué par les travailleurs. Selon nos informations, parmi les 450 licenciements annoncés, 90 impacteraient le personnel de cet entrepôt général occupant actuellement 300 ouvriers. 

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