Mésentente quasi totale entre le MR et le PP

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La députée Christine Defraigne (MR) et Mischaël Modrikamen co-président du Parti populaire, se sont affrontés sur le plateau de Revu et corrigé. L'occasion pour ces deux personnalités politiques de balayer bons nombres de points divergents et de remettre les pendules à l'heure.

L'avocat d'affaires Mischaël Modrikamen est entré sur le marché politique avec son Parti Populaire qu'il co-préside avec Rudy Aernoudt. Pourquoi créer ce parti ?

Selon l'avocat, le MR est un parti extremment divisé, replié sur lui-même "qui ne sait pas très bien où il est, où il va, un bateau ivre". "Je pense qu'il faut un réel projet alternatif aux idées de gauche qui nous mènent aujourd'hui à un véritable chaos. On le voit à Bruxelles, en matière d'insécurité, d'enseignement, de chômage, en terme d'ambition. Je ne pense pas que le MR soit capable, aujourd'hui, de relever cette ambition. C'est pour ça que le PP a été créé". explique le patron du PP, visiblement à l'aise pour ce premier face à face avec un membre du parti réformateur.

Christine Defraigne, elle, voit dans le parti populaire, "une espèce de musique délètère, de critiques, de railleries permanentes". L'ex-chef de groupe MR au Sénat se dit effrayée par le programme du PP dans lequel elle voit "des simplismes, un détricotage de la sécurité sociale, je parle au niveau de la sécu sociale. Et je vais vous donner un troisième élément, il y a des tas de choses que je ne vois pas dans ce programme : je n'entends pas parler de libertés individuelles, de solidarité, ni de solidarité entre les peuples", explique-t-elle.

Quel programme pour le PP ?

Le Mouvement réformateur et le Parti populaire ont des points de vue qui divergent en balayant des thèmes comme l'insécurité, l'emploi, le chômage ou encore l'âge des pensions.

Christine Defraigne pointe l'importance d'avoir plus de policiers dans les rues, une application des sanctions mais aussi que l'éducation et l'insertion soit favorisée.

"Tolérance zéro" pour toutes les formes de criminalité et valorisation du rôle du policier sont au menu du programme du PP. Mischaël Modrikamen met les choses au clair sur le plateau : "Répétons une bonne fois pour toute le droit a la sécurité et à une justice efficace est un des plus fondamentaux pour le citoyen. Il faut de la prévention et sachant qu'à Bruxelles, une grande partie de la délinquance est d'origine étrangère, nous proposons d'impliquer par exemple les autorités marocaines ou turques dans la prévention, elles sont demanderesses". Pour le co-président du PP, il y a suffisamment de policiers, faisant le bilan que 42 % des policiers s'occupent de tâches administratives. Il propose une restructuration, "que d'autres fonctionnaires remplacent les policiers pour ces fonctions administratives, on les remet dans la rue " explique-t-il.

Toujours dans le programme du parti populaire, on trouve l'idée de reculer l'âge de la pension (et d'autoriser sans limite le travail des pensionnés), de favoriser le recours systématique aux médecines douces ou alternatives, de mettre davantage les mutuelles en concurrence en les amenant à passer elles-mêmes des accords avec les prestataires de soins, sur le modèle américain. "Il faut remettre le travail comme valeur première" prône l'avocat.

Des propos qui font bondir la députée, "je suis outrée, la valeur travail c'est le lien d'insertion sociale et de dignité.  Il y a cet aspect de la sécurité sociale mis à mal dans le programme du PP. En matière de médecine, de remboursement de médicament, je suis tombée à la renverse".

Quant à l'âge des pensions, le co-président du PP propose de "peut-être allonger d'un an ou deux l'âge de la retraite et que les personnes qui souhaitent travailler plus longtemps le fassent librement".

Une idée rejoint par le MR qui reconnait le problème des retraites, "il faut permettre aux plus agés de pouvoir travailler", s'accordent-ils.

Mélanie De Nora

 

 

 

 

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