Mère porteuse: rien ne l'autorise, rien ne l'interdit

En l'absence de loi sur le sujet, les 3 centres de fertilité du pays font avec les moyens du bord.
En l'absence de loi sur le sujet, les 3 centres de fertilité du pays font avec les moyens du bord. - © PATRICK LIN - BELGAIMAGE

En l’absence d’une loi, rien n’interdit les mères porteuses. Et la question d'une réglementation refait surface. Le Sénat entendra ce lundi, pour la deuxième fois, des experts sur le thème de la gestation pour autrui.

Pour l'instant ce sont les centres de fertilité du pays qui décident si une gestation pour autrui peut avoir lieu ou pas. Mais les principaux concernés sont convaincus qu'une loi, bien faite, pourrait leur simplifier la vie.

En l'absence de loi sur le sujet, les 3 centres de fertilité du pays font avec les moyens du bord. Pour Candice Autin, responsable du centre de procréation médicalement assistée de Saint-Pierre,  tout est basé sur laconfiance puisqu’il n’y a pas de cadre juridique: "On peut faire signer tous les contrats que l’on veut, ils n’ont aucune validité légale. Ce n’est basé que sur du relationnel et de la solidarité. Si on décèle, chez les mères porteuses, un besoin de maternité, elles seront refusées. ".

Reconnaissance obligatoire

Car les parents intentionnels, tout comme la mère porteuse doivent passer des entretiens psychologiques avant de pouvoir commencer la procédure de fécondation.

Si tout fonctionne, le père devra reconnaître l'enfant, pendant la grossesse.La mère porteuse devra encore renoncer à ses droits sur l'enfant.

Et puis la mère devra adopter l'enfant. Pour Rebecca qui a recours à une mère porteuse, une loi serait selon elle, salutaire: "Pour moi, il était bizarre de devoir adopter mon enfant. La procédure peut durer un an ou deux et c’est le juge qui décide in fine."

Avec une loi, finies ces décisions à géométrie variable. Elle rassurerait les parents et le monde médical qui précisent: à condition que cette loi laisse une certaine autonomie, aux centres de fertilité.

A titre indicatif seuls 20 bébés sont nés de mère porteuse depuis 1997, à l'hopital Saint-Pierre.

Odile Leherte

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