Menace terroriste: la détention de l'un des trois suspects interpellés est prolongée d'un mois

Déploiement exceptionnel devant le palais de justice ce mercredi
Déploiement exceptionnel devant le palais de justice ce mercredi - © THIERRY ROGE - BELGA

La détention de Lazez Abraïmi a été prolongée d'un mois par la chambre du conseil de Bruxelles. Il s'agit du suspect interpellé et placé sous mandat d'arrêt le 20 novembre, puis inculpé de participation aux activités d'un groupe terroriste et d'assassinats terroristes. Il s'agit de l'un des trois suspects arrêtés en Belgique.

Dans sa voiture, les enquêteurs avaient découvert une trace de sang, ainsi que deux armes de poings. Le sang est en cours d'analyse à l'heure actuelle. Par ailleurs, sur son téléphone, un message vocal a été retrouvé, dont la teneur reste énigmatique. On y entend: "Le juif n'est pas là".

Les armes trouvées "dans des brocantes"

L'avocat du suspect avait, lui, demandé sa libération, arguant que "le dossier était vide", et ne contenait pas suffisamment d'éléments pour prolonger sa détention. Si des armes ont été retrouvées, c'est parce que l'individu "faisait des brocantes", ont fait valoir ses conseils. Écoutez à ce propos les explications de son avocat:

"L'une des deux armes trouvées est un pistolet d'alarme et l'autre ne correspond pas davantage à ce qu'on s'attendrait à trouver chez un terroriste. La trace de sang est infime et a été trouvée sur le siège côté passager, alors que notre client aurait transporté Salah Abdeslam à l'arrière de sa Citroën Berlingo", a indiqué Maître Christine Callewaert.

Lazez Abraïmi a fourni des explications tant au sujet des armes que des traces de sang. Elles sont actuellement vérifiées par les enquêteurs, a précisé Maitre Sokol Vljahen. "Le sang n'appartient pas à Salah mais à quelqu'un d'autre. Notre client a donné l'identité de cette personne et cette information va être contrôlée. Notre client connaît Salah Abdeslam et son frère Brahim uniquement de vue parce qu'il a autrefois habité à Molenbeek-Saint-Jean. Il ne connaît absolument pas les autres personnes qui sont citées dans le dossier".

En ce qui concerne le message évoquant un "juif" qui ne serait "pas là", la défense invoque le fait qu'il s'agit d'une conversation entre deux personnes que le suspect ne connait pas:

Ses liens avec Salah Abdeslam, ainsi qu'avec son frère Brahim - qui s'est fait exploser vendredi 13 novembre à Paris - sont très ténus, ajoute Maître Sokol Vljahen.

Selon la défense, ce dernier a été interpellé sur base d'un renseignement anonyme. "Il n'est absolument pas radicalisé. Son frère est effectivement parti en Syrie et il tente de garder contact avec lui via Facebook, mais c'est tout. Notre client est un brocanteur qui gagne sa vie d'une façon honnête", a-t-elle conclu.

Selon le parquet fédéral, Lazez Abraïmi, un ressortissant marocain de 39 ans résidant à Jette, aurait véhiculé Salah Abdeslam à travers Bruxelles le samedi 14 novembre, ou plus tard. Le suspect nie cependant les faits.

En ce qui concerne les deux autres personnes arrêtées et inculpées, (Ali O. et la personne qui a été privée de liberté mardi soir), elles doivent comparaitre devant la chambre du conseil ce vendredi le 27 novembre.

Enfin, une procédure de radiation a été entamée pour Mohamed Abrini le 13 novembre par le service de l’Etat civil de la commune, après retour de la police. Il est "en cours de radiation", a indiqué la bourgmestre de Molenbeek, François Schepmans (MR). Mohamed Abrini était "présumé parti" en Syrie. Il provient du même quartier que les frères Abdeslam. Il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international et un appel à témoin a été diffusé mardi.

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