Menace au niveau 3: les couacs de la communication du gouvernement

Les flous de la communication du gouvernement en niveau 3
Les flous de la communication du gouvernement en niveau 3 - © THIERRY ROGE - BELGA

Le Premier ministre Charles Michel avait fait savoir par ses porte-parole que l'on n'aurait droit qu'à "une brève déclaration" et c'est effectivement ce qui s'est produit. Brève dans la durée, légère aussi dans le contenu. Car après la déclaration dans les deux langues du Premier ministre, après une rapide session de questions-réponses, reste que, une fois de plus dans la communication du gouvernement, on n'y voit pas très clair sur ce qui a motivé ce début de désescalade du niveau de menace sur Bruxelles. 

Ainsi, si vous n'aviez pas forcément compris le passage au niveau 4 (samedi), puis le maintien de ce niveau 4 avec réouverture des écoles et partiellement du métro (annoncée lundi avec effet mercredi), vous ne comprendrez pas forcément davantage le nouveau niveau 3 (jeudi).

Pourquoi ce niveau 3 ? Charles Michel : "Pour être extrêmement clair et précis, le niveau 3, selon les termes de la loi, signifie que la menace est possible et vraisemblable - contre "sérieuse et imminente" pour l'ex-niveau 4 -, et les raisons qui ont incité l'OCAM (Organe de Coordination et d'Analyse de la Menace) à porter le niveau de 4 à 3 conduisent à considérer que le menace reste sérieuse mais que le caractère imminent, selon les différentes indications, n'est plus présent de la même manière". Charles Michel qui élude donc toute explication sur le fond même des raisons de l'OCAM. 

Un discours identique

Un discours entièrement repris, mot pour mot, par Didier Reynders, vice-1er MR et ministre des Affaires étrangères, qui insistait pourtant encore il y a peu sur une chaîne américaine sur ces "10 djihadistes lourdement armés et dangereux" que les autorités belges recherchaient dans un scénario à la Parisienne. Il maintient mais explique : "Le scénario est le même depuis le début, c'est l'idée d'avoir des attaques comparables à celles qui ont eu lieu en France; c'est la formulation que nous avons toujours utilisée, ça veut dire effectivement d'avoir éventuellement plusieurs groupes qui peuvent intervenir à plusieurs endroits. C'est ce qui a été dit depuis les premières conférences de presse. Mais on le répète aujourd'hui : cette menace existe toujours mais son imminence n'est plus de même ampleur, comme le dit l'OCAM qui effectue l'analyse de la menace".  

Discours identique en fait chez tous les ministres présents, renvoyant dans un même flou à la seule évaluation de l'OCAM, dont on ne cesse au gouvernement de souligner l'indépendance. Cela a rarement été autant répété...

Mais quelles sont les raisons de l'OCAM ? Nouvelle tentative en interrogeant le ministre CD&V Koen Geens : "Bah les raisons sont toujours que les informations recueillies par le centre d'analyse de la menace auprès des différents services d'appuis policiers et de renseignements sont d'une telle nature qu'elles ne justifient plus le maintien d'un niveau 4 mais les informations sont quant même telles que le niveau 3 reste justifié, donc la menace reste grave et justifie une vigilance accrue". Bref, circulez, il n'y a rien à voir. Vous n'en saurez pas plus!

Une expertise de l'OCAM qui, en tout cas, tombe bien à un moment où le gouvernement espérait un peu de répit. Un gouvernement qui refuse d'en dire plus, disant vouloir ainsi protéger le secret des enquêtes et des devoirs d'enquêtes toujours en cours. Reste que de sources proches de l'enquête précisément, selon nos informations, on ne voit pas ce qui, côté investigations, perquisitions, interpellations, peut motiver un réel changement du niveau d'alerte. De quoi intriguer... 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK