Même en cas de blocage, le cdH restera dans l'opposition

Après les élections du 26 mai, la Belgique se retrouve divisée avec la Wallonie qui penche à gauche, alors que la Flandre est partie à droite (voire extrême droite). À quelle coalition nous attendre, sachant que PS et NV-A (les deux premiers partis du nord et du sud) refusent de collaborer ? Ce qui est certain, c’est que le cdH n’en fera pas partie, quoiqu’il arrive. Maxime Prévot, président du parti, l’avait déjà déclaré hier. Catherine Fonck était sur le plateau d’À Votre Avis hier et le confirme " la décision qui a été prise, elle est très claire. Au fédéral, nous avons cinq sièges sur 150. On n’a même pas un droit de vote en commission ". Elle termine très clairement : " On va dans l’opposition à tous les niveaux de pouvoir puisqu’on est en recul majeur à tous les niveaux de pouvoir ".

Cette décision partage les différentes formations politiques. Le MR respecte ce retrait et Pierre-Yves Jeholet parle d’honnêteté dans ce choix du cdH. Par contre, le PS est bien plus mitigé. Pierre-Yves Dermagne pense que cette décision aurait pu être prise plus rapidement et craint qu’elle n’ouvre la porte à la N-VA.

Ecolo et PTB dans la majorité ?

La question se pose toujours : " qui pour former une nouvelle coalition ? " En Wallonie et à Bruxelles, deux partis politiques ressortent gagnants après ces élections : Ecolo et le PTB (+ 8 sièges chacun au Parlement wallon. À Bruxelles, + 7 sièges pour Écolo, + 6 pour le PTB). La FGTB plaide en tout cas pour une tripartite PS-Écolo-PTB. Cependant, les partis qui ont recueillis le plus de voix sont le PS et le MR et chacun ont leurs petites préférences. Le PTB ne cache pas son intérêt pour la coalition proposée par la FGTB. " On a eu plusieurs discussions, que ce soit à Bruxelles ou en Wallonie, avec le Parti socialiste qui se sont bien déroulées, qui se déroulent dans un climat beaucoup plus ouvert que pour les élections communales ", affirme Germain Mugemangango, porte-parole francophone du PTB. Il ajoute que des points convergent entre le programme du PS et du sien, et qu’il serait intéressé de connaître la position d’Écolo. Hélène Ryckmans (Écolo) ne s’est pas exprimée sur les préférences de son parti.

Le Parti socialiste, première force politique à Bruxelles et en Wallonie a toutes les cartes en main pour former cette nouvelle coalition. Elio Di Rupo et l’ancien ministre-président wallon Paul Magnette ont d’ailleurs déjà débuté les discussions avec les partenaires sociaux et représentants d’autres partis. Pour Pierre-Yves Dermagne, aucune porte n’est encore fermée, sauf celle des deux plus gros partis flamands, à savoir la N-VA et le Vlaams Belang. " On a des projets de société qui sont diamétralement opposés, des conceptions de la vie en société qui ne sont pas conciliables et on a été élus sur cette base-là ", affirme-t-il.

Pour le MR, qui pourrait former une bipartite avec le PS en Wallonie, il est hors de question de discuter avec le PTB. Le Mouvement réformateur exclut formellement les coalitions avec des partis d’extrême gauche ou droite (PTB et Vlaams Belang). " Il est clair que pour nous, il est impossible de discuter avec les extrêmes. Que ce soit le Vlaams Belang dans le nord du pays ou le PTB au sud ", déclare Pierre-Yves Jeholet (MR).

Une urgence climatique

Qu’importe les coalitions qui se formeront, Celine Tellier, secrétaire générale d’inter-Environnement Wallonie, parle d’une urgence climatique. " Il est urgent de se doter d’une vision d’avenir pour la Wallonie qui intègre les limites de la planète. Quand on parle de changement climatique et d’érosion de la biodiversité, ce sont des menaces cruciales pour l’économie wallonne ".

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