Melchior Wathelet veut prolonger Doel ou Tihange, Ecolo désapprouve

Le secrétaire d'Etat à l'Energie Melchior Wathelet (cdH)
Le secrétaire d'Etat à l'Energie Melchior Wathelet (cdH) - © BELGA PHOTO

Le secrétaire d'Etat à l'Energie, Melchior Wathelet (cdH), a proposé au gouvernement de maintenir les centrales de Doel I & II ou le réacteur de Tihange I ouverts durant dix années de plus, rapporte samedi De Tijd. Une décision faible, pour Ecolo.

Selon le plan d'équipement du secrétaire d'Etat, il n'est pas possible de fermer les trois plus anciennes centrales nucléaires en 2015, comme stipulé dans la loi sur la sortie du nucléaire. Pour ne pas mettre en péril l'approvisionnement énergétique, il faudra choisir entre la fermeture de la centrale jumelle de Doel ou celle du réacteur de Tihange I.

Le choix dépendra entre autres d'un rapport que l'Agence fédérale du Contrôle nucléaire (AFCN) va réaliser sur la sécurité des centrales, selon le journal.

Pour contrer la critique selon laquelle le maintien d'une centrale nucléaire est un cadeau pour Electrabel, Melchior Wathelet veut que la capacité nucléaire disponible soit mise à la disposition du marché. Doel I, Doel II et Tihange I représentent ensemble 16% de la production d'électricité en Belgique.

Le protocole d'accord conclu en 2010 entre GDF-Suez et l'ancien ministre de l'Energie Paul Magnette (PS) préconisait une prolongation pour les trois réacteurs. Pour cette raison, Ecolo estime que la proposition de Melchior Wathelet est un progrès, mais que cela reste insuffisant. 

"En matière de sécurité, il s'agit donc de prolonger de 10 ans des réacteurs conçus pour avoir une durée de vie de 40 ans. Il s'agit là d'un challenge techniquement hasardeux", explique Muriel Gerkens, députée fédérale. "Alors que l'Allemagne sera pionnière en matière de démantèlement et de transition énergétique vers des technologies alternatives au nucléaire, la Belgique choisirait donc d'être 'à la pointe' en matière de prolongation d'une technologie passée et dangereuse."

Pour Ecolo, la fermeture d'une partie du parc nucléaire est "certes un premier signal positif pour les investisseurs". Mais les écologistes estiment néanmoins que la "faiblesse de l'ambition de cette décision devra être enfin accompagnée d'une politique volontariste pour diminuer, comme en Allemagne, la consommation d'énergie dans notre pays".

Selon Muriel Gerkens, la Belgique est ainsi toujours "à la merci du chantage effectué par Electrabel qui a commencé à fermer une partie de ses unités non-nucléaires dans l'objectif de prolonger son vieux parc rentabilisé depuis plusieurs années grâce aux factures élevées payées par les citoyens." Et d'appeler l'Etat à devenir maître de son avenir énergétique, en appliquant une régulation plus forte de la production d'électricité.

Belga

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