Melchior Wathelet: si Electrabel ferme Tihange, on peut réquisitionner

Melchior Wathelet
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Melchior Wathelet - © RTBF

Le secrétaire d'Etat à l'Energie ne se sent pas intimidé par Electrabel qui menace de fermer Tihange 1 en 2015 si le gouvernement maintient son plan de sortie du nucléaire présenté ce mercredi. S'il ferme, "soit on réquisitionne, soit il y a un autre propriétaire de cette centrale", a déclaré Melchior Wathelet dans Matin Première.

Si le secrétaire d'Etat à l'Energie confirme qu'Electrabel pourrait "prendre une décision commerciale de fermer", il estime que ce serait "assez illogique car ce sur quoi nous nous sommes engagés, c'est d'offrir une garantie de rentabilité juste. Donc cela veut dire qu'ils sont dans une logique où ils veulent fermer quelque chose qui est au minimum rentable".  

Toutefois, si Electrabel persiste dans cette démarche, il y a plusieurs solutions, affirme Melchior Wathelet : "Soit on réquisitionne, soit il y a un autre propriétaire de cette centrale. Electrabel n'est pas le seul propriétaire de cette centrale de Tihange 1. Elle appartient à 50-50 à Electrabel et EDF".

"Ce sont des éléments de négociations", précise-t-il, "mon but n'est pas de me lancer dans une guerre". Il dit d'ailleurs comprendre qu'Electrabel veuille connaître les règles du jeu avant d'investir "et là ils auront une clarté totale".

"Mon but n'est pas que quelqu'un perde de l'argent sur investissement, ce serait ridicule. Donc, si eux décident de fermer malgré tout alors qu'il y a une rentabilité qui est assurée, alors cela veut dire que leur volonté elle est juste de faire pression et ça ce serait totalement inacceptable", dit-il.

Y a-t-il un risque de black out après 2015 ?

A ceux qui affirment que la fermeture des centrales nucléaires de Doel 1 et Doel 2 vont entrainer des coupures de courant, Melchior Wathelet répond que les études (celles de l'administration de l'énergie, de la Creg et d'Elia) prouvent le contraire. La sécurité d'approvisionnement est assurée si on maintient Tihange 1, dit-il, dont la production est environ la même que celles de Doel 1 et Doel 2 réunies.

Sa réponse à Ecolo

Face aux critiques des Verts, Melchior Wathelet dit qu'il en a marre d'entendre les écologistes affirmer que l'Allemagne est l'exemple à suivre, "c'est ce que j'entends tous les jours". 

L'Allemagne, affirme-t-il, a aujourd'hui le projet de construire des centrales à charbon, "17 000 megawatts, c'est trois fois tout notre parc nucléaire". "Est-ce que, si l'Allemagne est l'exemple, est-ce que d'un point de vue environnemental on doit aujourd'hui en Belgique construire plein de centrales à charbon ? Ça c'est un risque environnemental que je ne veux pas faire courir à mon pays".

L'avenir en Belgique : le gaz et le renouvelable

En Belgique, ce sont des centrales au gaz qui devraient voir le jour pour soutenir le renouvelable "car cela est flexible, parce que cela vient quand on a besoin d’électricité" contrairement au renouvelable qui ne fonctionne que "quand il y a de la lumière ou du vent".

Des centrales au gaz "qui sont de plus en plus environnementalement acceptables" et puis de toute façon, "il y aura de plus en plus de renouvelable", affirme-t-il.

Aujourd'hui, la Belgique se définit pour demain

L'erreur commise en 2003 est qu'on a créé le flou, dit-il, ce qui a éloigné les investisseurs. "Ce qu'on fait aujourd’hui est de créer un climat d'investissement". Le calendrier a maintenant été fixé, il est clair qu'on va sortir du nucléaire tout en garantissant "que le Belge soit approvisionné correctement et à un prix raisonnable".

 

C. Biourge

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