Melchior Wathelet: "Que l'Italie ne vienne pas nous parler de solidarité"

Melchior Wathelet (cdH)
Melchior Wathelet (cdH) - © RTBF

Les ministres européens de l’Immigration étaient réunis ce lundi à Luxembourg pour tenter de trouver une solution au problème des migrants nord-africains, arrivés par milliers en Europe ces dernières semaines. Melchior Wathelet, secrétaire d'État à la politique de Migration et d'Asile, critique vertement l’Italie.

L’Italie, qui a accueilli plus de 20 000 réfugiés nord-africains ces dernières semaines, est sortie fâchée de la réunion de lundi : pour elle, les autres pays de l’Union ne sont pas solidaires. Mais, selon Melchior Wathelet, c’est tout l’inverse : il y a déjà 22 000 personnes arrivées en Italie, qui ne sont pas des demandeurs d’asile, et à qui l’Italie donne un titre de séjour. "Je cite le ministre italien : ‘Pour que ces gens aillent où ils veulent vraiment aller, en France, en Belgique, en Allemagne’. Donc quand ces mêmes personnes viennent nous parler de solidarité, ça pose problème. La Belgique, avec une population six fois inférieure à l’Italie, a trois fois plus de demandeurs d’asile que l’Italie. (…) C’est pour ça qu’on a réussi à insérer, dans les conclusions qu’il fallait prendre en considération, les pays frontaliers mais aussi les pays où ces gens vont s’installer".

Selon le secrétaire d’Etat, la Belgique a clairement demandé plus de moyens pour gérer sa politique d’immigration.

Autre mesure envisagée par la Belgique, à la suite de la France  : un retour des contrôles aux frontières. "Ce titre donné par l’Italie est assorti d’un certain nombre de conditions (un revenu suffisant, un but de voyage touristique, NDLR) et donc oui, on va faire des contrôles, notamment au niveau de Zaventem. (…) S’ils sont illégalement sur le territoire belge, ils seront renvoyés en Italie".

Une mesure nécessaire qui désole le secrétaire d’Etat humaniste qui déplore les divergences au sein de l’Union européenne. "Malheureusement le spectacle d’hier n’est pas un spectacle qui donne de l’Union européenne une image positive. On devrait oser mettre l’ensemble de ces défis sur la table. On a un espace sans frontière, si on veut qu’il fonctionne, il faut qu’on ait les mêmes règles partout. Et tant que certains pays diront ‘Oui oui on veut bien beaucoup d'étrangers, mais dans les autres pays de l’Union européenne’, on n’avancera pas".

Plus qu’à l’immigration nord-africaine, la Belgique est confrontée à un afflux de réfugiés kosovars. En 2010, près de 10% des demandeurs d'asile en Belgique venaient du Kosovo. Pour enrayer cette immigration, Melchior Wathelet s’est rendu la semaine dernière dans les villages d’origine de ces réfugiés, qui, pour la grande majorité, ne sont pas des demandeurs d’asile. "On est allé dans ces villages d’où viennent ces personnes. Et maintenant ils comprennent que l’image qu’ils avaient de la Belgique, c’est faux. Ils doivent savoir que s’ils viennent en Belgique, ils seront renvoyés vers le Kosovo et que le voyage (jusqu'à la Belgique, NDLR) va leur coûter de l’argent".

Le secrétaire d’Etat veut également accélérer la procédure de traitement des dossiers de ces réfugiés kosovars et leur rapatriement. "Ces gens, pour la toute grande partie, vont devoir retourner vers le Kosovo, autant qu’ils sachent vite s’ils pourront rester. Le fait d’aller vite en gardant la même qualité c’est évidemment au cœur de cette politique".


J.C.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK