Melchior Wathelet: compenser la perte de 2000 megawatts, c'est possible

Rassurer, c’est ce que souhaitait faire Melchior Wathelet ce matin. "Il y a toujours une utilisation par certains de ces évènements-ci pour faire monter la pression, ou essayer de jouer avec  la peur des gens."

Le gouvernement a fait le point hier sur la fermeture, peut-être définitive, des deux centrales nucléaires de Doel et de Tihange. Pour le secrétaire d’Etat, le dossier est certes important, mais la situation n’est pas préoccupante. "Il faut d’abord respecter les instructions qui sont les nôtres en matière de sécurité nucléaire", résume Melchior Wathelet.

Plusieurs mesures permettront d'éviter le black-out

"Pour cet hiver-ci et pour celui d’après il n’y a aucun problème", assure le secrétaire d’Etat. Pratiquement, il faudrait remplacer 2000 mégawatts, au cas où les deux centrales à l’arrêt ne redémarrent pas.  

Différentes mesures existent, affirme Melchior Wathelet. Elles permettront de compenser la perte de production à l’horizon 2015. Et d’expliquer qu’en premier lieu, les opérateurs ne pourront plus fermer de centrales, thermiques ou au gaz, par exemple, aussi facilement qu’aujourd’hui. "Aujourd’hui, quand une centrale au gaz ou au charbon veut être fermée par un opérateur, quel qu’il soit, parce qu’elle n’est pas rentable, ou parce qu’elle est trop vieille (…), il peut la fermer comme il veut. Il doit en  informer le gouvernement, c’est tout, dit-t-il. Ce qu’on veut, et ce qu’on va insérer, c’est que le gouvernement puisse lui interdire de fermer."

D’autres mesures pourront également être prises: mécanisme de stimulants à l’investissement pour des centrales au gaz ; contacts avec l’étranger pour avoir un marché plus ouvert en matière d’importation d’électricité ; ou réduction de la demande : pratiquement, "Elia, le gestionnaire du réseau de transport, peut conclure avec les grandes entreprises des contrats interruptibles: un gros consommateur peut, pendant une heure ou deux, diminuer sa consommation". Dans la même logique, un plan délestage – mettre moins d’électricité sur le réseau -  peut être mis en place, "pour mettre en adéquation l’offre et la demande".

Le prix: pas d'augmentation pour le consommateur

Pour le secrétaire d’Etat, pas de risque de black-out, donc, pour 2012 et 2013.

Mais si les centrales ne redémarrent pas, il faudra prévoir une augmentation du coût de production, concède Melchior Wathelet, surtout si l’énergie produite est compensée par des usines au gaz. Le secrétaire d'Etat tempère aussitôt : "il y a une différence entre le coût de production et le prix de marché (…) La cotisation fédérale, les tarifs sociaux, le gel de l'indexation: tous ces autres paramètres compensent le prix vers le bas ", affirme-il.

 

W. Fayoumi

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