Pénurie de médicaments: Jacques Brotchi (MR) propose "des comprimés à l'unité"

Une liste toujours plus longue de médicaments est actuellement indisponible en Belgique, prévient l'Association pharmaceutique belge jeudi. La liste compte à ce jour 413 médicaments. Dont certains très importants pour les personnes en mauvaise santé, devant suivre des traitements particulièrement lourds.

Le phénomène n'est pas neuf. Les pharmaciens tirent régulièrement la sonnette d'alarme ces dernières années. Certains médicaments manquent aux officines. Des médicaments génériques peuvent remplacer ceux qui manquent, mais certains traitements contre les maladies graves sont irremplaçables, ce qui inquiète fortement le corps médical. Le phénomène s'aggrave-t-il? De nombreux experts le pensent. 

Des chiffres non officiels en circulation indiquent une nette augmentation du nombre de médicaments affectés: en juin 2016, il y en avait 328, en janvier 2016 à 463, une augmentation d'environ 41%. Le problème est donc en augmentation constante.

413 médicaments sont en pénurie cette année. Le terme "pénurie" est-il excessif? Stefaan Fiers est le directeur de la communication au sein de Pharma.be. C'est son opinion et il la développe. "Il y a effectivement 400 présentations manquants, cela n'est pas synonyme de médicament. Cela veut dire que la grande boite pourrait manquer, mais la grande peut toujours être disponible". Il va plus loin

Le prix des médicaments varie d'un pays à l'autre. Pourquoi? Pour Stefaan Fiers, de Pharma.be, "c'est parce que les systèmes sont différents d'un pays à l'autre. En Belgique ou en Roumanie, les systèmes ne sont par exemple pas les mêmes". Pour Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité chrétienne, les prix ne dépendent que du pouvoir d'achat de chaque pays. "L’hépatite C, c'est 30.000€ en Suisse et 43.000 en Belgique. Ça n'a aucun sens !"

Les tarifs sur les médicaments varient d'un pays à l'autre, mais beaucoup disent que la Belgique n'a pas à se plaindre. "On a un bon système", entend-on souvent. Pour Xavier de Béthune, directeur médical à Médecin du Monde, il faut relativiser: "Oui, on a un bon système, mais la vrai question est : pour combien de temps encore?"

On a un bon système, mais la vrai question est : pour combien de temps encore?

Des comprimés à l'unité

Pour pallier cette "pénurie" de médicaments, une proposition concrète vient du côté du MR, représenté par le sénateur Jacques Brotchi. "Peut-être devrions-nous prescrire le nombre de comprimés nécessaires pendant le nombre de jours nécessaires. Il n'y a pas de raison d'acheter une boîte de 30 comprimés, si on doit en prendre 5". L'idée n'est pas mal reçue au sein de nos débatteurs et est accompagnée d'une autre proposition de la part des pharmaciens. 

Avec nous aussi pour en débattre: Micky Fierens, directrice de la Ligue des Usagers des Services de Santé (LUSS) et Sofie Merckx (PTB). 

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