Maxime Prévot : "Peut-être avons-nous été un peu addicts au pouvoir"

Maxime Prévot « Pour le cdH, l’opposition est un choix  définitif »
Maxime Prévot « Pour le cdH, l’opposition est un choix définitif » - © Tous droits réservés

Au lendemain des élections, Catherine Fonck et Céline Frémault avaient déjà évoqué un possible retour du cdH dans l’opposition. Depuis mercredi soir, la décision est prise : les Humanistes optent pour une opposition qui devrait durer 5 ans. Qu’est-ce qui a dicté ce choix ? Après 33 années au pouvoir en Wallonie sur les 38 années d’existence de la région wallonne, le cdH a reçu de la part de l’électeur "un signal clair, un signal de sanction" qui entraînera "un travail de refondation interne et de refonte doctrinale radicale".

Un message devenu illisible

Les résultats des élections sont sans appel. Avec 5% des voix à Bruxelles et 11% en Wallonie, le cdH devient le 5e parti francophone. Si le cdH a été sanctionné, analyse Maxime Prévot, "c’est probablement parce que le parti a été désarticulé entre les différents niveaux de pouvoir régionaux et fédéral. La lisibilité de nos messages n’était pas aisée et nous étions dans des majorités différentes".

L’ancien PSC a-t-il toujours été prêt à tout pour aller au pouvoir ? Et le plus souvent avec le PS ? Le patron des centristes le reconnaît : "Sur les 40 dernières années, nous n’avons été que 5 ans dans l’opposition. Peut-être avons-nous été un peu addicts au pouvoir. Un certain effet d’usure doit faire de cette tristesse une opportunité pour nous régénérer. Nous serons une force d’opposition importante, mais pas assez pour rester au sein des exécutifs. On aurait trop peu pesé dans les attelages gouvernementaux. Nous n’aurions pas pu mettre en œuvre notre programme".

Un choix définitif?

Pour Maxime Prévot, la décision est prise : "Les résultats du scrutin ne vont pas changer. C’est une défaite que l’on veut assumer avec humilité. Nous respectons le signal des électeurs".

Et ce choix radical est définitif, même si les négociations à venir bloquent entre les autres partis : "C’est un choix définitif. En Wallonie et à Bruxelles, notre retrait n’empêche pas de créer des majorités. Et au Fédéral, nous n’avons que 5 sièges. Notre poids ne perturbera donc pas le choix de majorité. Dans aucun cas, nous ne sommes nécessaires". "Avec 5 sièges sur 150 à la Chambre, on ne complique rien au niveau des négociations du fédéral", insiste Maxime Prévot qui promet en revanche une opposition constructive : "Si pour pouvoir faire barrage à l’extrême droite ou faire progresser des causes comme le climat, nos 5 voix sont nécessaires, nous répondrons présents. Et cela pourra se faire depuis les bancs de l’opposition". Il prend en exemple l’attitude d’Ecolo lorsqu’il a participé, bien que dans l’opposition, à la mise en place de la 6e réforme de l’Etat.

Une voie royale pour le MR

Le président du cdH se défend de faire le jeu des libéraux francophones mais dit vouloir tenir compte d’une triple réalité : "Le PS reste le premier parti francophone, le MR la seconde force. Et Ecolo a remporté une victoire électorale". Et en aucun cas un quelconque "pacte PS-Ecolo" n’est la cause de la future cure d’opposition des Humanistes : "Ce n’est pas cela qui a fait qu’on part en opposition. On voulait être en capacité de peser et pas nous accrocher à tout prix au pouvoir".

Un nouveau nom pour le parti du centre

Un des premiers chantiers du repositionnement pourrait porter sur le changement de nom du parti. Une question qui n’est pas taboue, reconnaît Maxime Prévot qui veut s’assurer que "notre offre politique répond toujours aux besoins des citoyens et aux grandes questions". Comme les enjeux climatiques par exemple. Recréer un autre parti au centre est une éventualité que le patron du cdH dit ne pas exclure. Mais ce sera "avec toutes les générations et en prenant le temps. Les positions centristes sont fragilisées en Europe. Pourtant sur la scène politique les extrêmes s’imposent de plus en plus. Cela nous amène à entamer un processus volontariste. Il faut se réinventer pour défendre l’intérêt de tous les Belges". "Lourde tâche" aurait dit Charles De Gaulle.

 

 

 

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