Maxime Prévot (cdH):"Je n'ai pas la moindre envie de travailler avec la N-VA"

C’est le dauphin désigné et, pour l’instant, le seul candidat déclaré à la succession de Benoît Lutgen comme président du cdH. Autant dire que Maxime Prévot est sur un boulevard. Cela dit, il préfère afficher une certaine humilité. Pour lui, le jeu reste ouvert: "C’est une élection ouverte. Nous avons jusque dimanche l’occasion de déposer une candidature. Benoît n’a pas caché que s’il passait le relais, c'est parce que j’allais accepter de relever le défi. Ce n’est pas pour cela que je dois être le seul candidat. Mais personne n’aurait compris que Benoît Lutgen s’en aille, à 4 mois des élections, sans avoir rien prévu."

Le cdH doit davantage se positionner sur la santé

Quelles décisions prendrait Maxime Prévot s'il était président? Pour l'instant pas question d'en dire trop, sur la composition des liste par exemple, même s'il souligne la valeur de Joëlle Milquet pour Bruxelles. Sur le fond, Maxime Prévot s'avance tout de même un peu plus, il compte mettre en avant la santé: "J’ai été ministre régional sur ce sujet. Le cdH doit davantage se positionner sur cela. Il y a une attente de la population. Les questions de santé touchent toutes les familles. C'est une thématique fondamentale sur laquelle je souhaite mettre l’accent".

Même son de cloche sur l'environnement, après la marche des jeunes pour le climat: "Il faut qu’à l’agenda, on ne se pose plus la question de savoir si c'est opportun de mettre la question climatique. Elle doit s’imposer à tous,  ce n’est plus l’apanage d’un parti politique, c’est une responsabilité politique. J’entend bien, si je suis président, inscrire cet enjeu dans notre ADN. C'est un retour vers nos fondamentaux."

La N-VA très peu pour lui

Reste que les élections fédérales et régionales approchent à grands pas et avec elles, la question des alliances avec les autres partis. Alors que Benoît Lutgen avait refusé de gouverner avec la N-VA, citant même la devise ardennaise "Résiste et mords", Maxime Prévot ne veut pas s'enfermer dans une exclusive: "Je veux éviter l'hypocrisie. C’est facile de lancer une petite phrase sur un plateau de télé, 'jamais avec un tel ou un tel'. D’abord, ce n’est pas les Francophones qui déterminent l’électorat flamand. Ce sont les Flamands qui font sortir de leurs urnes le rapport de force. Je veux éviter d’être pris en défaut en annonçant un jour quelque chose et puis au terme de plusieurs mois de discussions et négociations, quand il faudra prendre ses responsabilités pour que ce pays tourne, qu’on me ressasse ce message."

Mais Maxime Prévot est aussi très clair, il ne porte pas la N-VA dans son cœur: "Je vais répéter ma position pour qu’il n’y ai pas d’ambiguïté. Pas plus que Benoît Lutgen d'ailleurs, je n'ai la moindre aspiration ni la moindre envie de travailler avec la N-VA. Son programme séparatiste est loin des valeurs humanistes que nous défendons. Il n’y a pas de convergence dans nos programmes et je ne connais pas de formation francophone qui pourrait avoir envie de travailler avec la N-VA. [...] Je n’ai pas la moindre envie de travailler avec la N-VA et travailler avec la N-VA n’est pas une fatalité. Faisons en sorte que les autres formation néerlandophones du pays soient fortes pour que ne se pose même plus la question."

Mais avant cela, il faut encore être élu président cdH. Les membres du parti intéressés par le poste ont jusque ce dimanche 20 janvier minuit pour faire acte de candidature. Le 26 janvier, chacun défendra son projet lors d'une assemblée générale à Louvain-la-Neuve. Les membres du parti voteront ensuite à bulletin secret pour désigner celui qui sera leur président jusqu'en 2024.

 

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