Maxime Prévot (cdH) : « Voter pour Ecolo, c’est voter pour le retour du parti socialiste »

Maxime Prévot, bourgmestre de Namur et jeune président du cdH, était sur le plateau de Matin Première à quelques jours des scrutins fédéral, régional et européen. Ses premières paroles sont claires : le cdH ne s’alliera pas à la N-VA, une position que le parti humaniste a fermement tenue déjà lors de la précédente élection fédérale.

« J’ai toujours dit que le programme de la N-VA était incompatible avec les valeurs du cdH. Mon énergie sera déployée pour rendre contournable la N-VA […] et recréer des liens forts entre les formations francophones et les Flamands constructifs. En aucune manière le cdH ne sera le porteur d’eau d’une suédoise bis. Il y a une responsabilité collective à faire barrage contre la N-VA. »

L’alliance PS – Ecolo s’est esquissée avec le duel Katthabi – Di Rupo de ce mardi, en écho aux propos de De Wever qui évoquait un front pastèque, lors de son débat contre Jean-Marc Nollet, organisé par L’Echo/De Tijd : « vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur ».

« On en a la certitude, voter pour Ecolo, c’est voter pour le retour du parti socialiste, on les a vus se faire des mamours sur votre plateau hier soir, confirme le président du cdH. Quand je vois Ecolo reprendre les positions du PTB à son compte : par exemple la réduction linéaire du temps de travail à 32 heures/semaine tout en étant payé 38 heures, c’est impensable. On va flinguer notre tissu de PME. »

Nous n’avons pas besoin […] du modèle du PTB tel qu’il est soutenu par Ecolo et le PS

Et d’appeler les électeurs à lire minutieusement le programme social d’Ecolo, sans se cantonner à ses mesures environnementales. « Il ne faut pas que les gens aient la gueule de bois au lendemain du vote, en disant moi j’ai voté Ecolo parce que je voulais un signal fort pour les matières environnementales, sans voir les autres mesures du programme. »

Maxime Prévot pointe du doigt des candidats Ecolo qui, lors de débats, tiendraient des discours différents des propos officiels tenus aux journalistes, notamment sur la globalisation des revenus. « Nous n’avons pas besoin du modèle N-VA, mais pas non plus du modèle du PTB tel qu’il est soutenu par Ecolo et le PS. Nous sommes une troisième voie beaucoup plus réaliste et humaniste. »

L’assurance autonomie, le coût « d’une bière par mois »

Simplifier la vie des familles, c’est un des slogans phare du programme du cdH. Quid d’une suppression du décret inscription, qui dans sa version actuelle est porté par la ministre cdH Marie-Martine Schyns ?

« Le cdH est pour l’abrogation du décret inscription, en vertu de la sacro-sainte liberté des parents de choisir une école pour leur enfant. Mais pour pouvoir efficacement le supprimer, il faut au préalable que de nouvelles places et de nouvelles écoles aient été créées. C’est ce qui a été mis en œuvre par Marie-Martine Schyns, au sein de la FWB. »

Autre grande thématique de cette campagne (et de l’ancienne législature), l’augmentation de l’âge de la pension. Pour le cdH, pas de retour formel à 65 ans, mais une « remise à plat complète de la réforme des pensions. »

« Ce gouvernement fédéral, il a travaillé à l’envers. Il a de manière unilatérale décidé d’augmenter l’âge de la pension sans régler la pénibilité des fins de carrière, l’aménagement des fins de carrière. » « Elle a porté un préjudice grave à toute une série de catégories de personnes, et je pense notamment aux femmes qui ont travaillé à temps partiel, parce qu’elles ont vécu à une époque où les femmes travaillaient moins que les hommes. » « Nous devons tirer vers le haut le montant des pensions. »

La population européenne vieillit, alors que le taux de fécondité stagne et que les jeunes font des enfants de plus en plus tard. Le vieillissement de la population est donc un enjeu majeur de nos sociétés actuelles, que les politiques doivent prendre à bras-le-corps au plus vite pour ne pas se retrouver le couteau sous la gorge. Une réponse apportée par le cdH, lors de la précédente législature wallonne, est la mise en place d’une assurance autonomie, sous forme d’une cotisation annuelle payée par tout citoyen wallon de plus de 26 ans. Une mesure qui n’a pu être votée, faute de majorité numérique pour la coalition MR-cdH, suite au départ d’une députée MR vers la liste Destexhe en mars dernier.

Cette assurance autonomie, le cdH en fait une condition de participation à un gouvernement. « On propose, pour cette assurance autonomie, un taux de zéro euro par an, ou 18 euros, ou 36 euros. Soit une bière par mois. C’est un projet éminemment humaniste qui sera une condition pour une participation gouvernementale pour le cdH. »

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