Maxime Prévot (cdH): "Scalper Furlan ne ferait pas avancer le schmilblick"

Arès la période d’indignation née du scandale Publifin, vient le moment de passer à l’action. Pour Maxime Prévot, n° 2 du gouvernement wallon, le système s’est développé à cause de failles dans la législation. La modification de la loi ne pourra donc pas se faire en deux jours. Il défend aussi l’action de Paul Furlan, et met en garde contre la tentation de réduire les rémunérations à un point tel que les experts compétents se détourneraient des institutions publiques.   

"Nous allons, avec le ministre-président (Paul Magnette , ndlr), prendre des mesures en ne confondant pas vitesse et précipitation... Il faut éviter, aujourd’hui, en hurlant avec les loups, de vouloir aller plus vite que la musique et, en 48 heures, rédiger des textes inappropriés qui ouvriront la porte à d’autres abus." Maxime Prévot promet des "annonces très fortes", mais qui ne seront présentées que "dans quelques jours ou quelques semaines, pas davantage." Mais il promet de créer "un système sans faille".

Une loi de transparence

Peut-on espérer bientôt la transparence totale des revenus pour tous les mandataires public? Pour le vice-président cdH, cela passera par une modification de la législation: "Il existe déjà un cadastre des rémunérations. Il n’avait pas été rendu public sur recommandation de la commission de la Vie Privée. Mais désormais, pour les mandataires élus ou exerçant des mandats publics et pour les responsables d'intercommunales, les rémunérations devront être communiquées au grand public."

De l’inutilité de trancher la tête de Paul Furlan

Maxime Prévot l’assure: "Scalper Furlan ne ferait pas avancer le ‘schmilblick’". Il met au contraire au crédit du ministre wallon les mesures prise depuis 10 ans en matière de gouvernance: "Des mesures que l’on ne retrouve pas dans d’autres régions du pays", insiste le numéro 2 du gouvernement wallon. "Ne faisons pas croire que rien n’a été fait. On voit que des gens passent encore entre les mailles du filet, il faut rendre les rémunérations publiques, mais il faut aussi les réduire." A titre personnel, Maxime Prévot dit ne pas penser que Paul Furlan ait commis une faute. "Il doit être à l’action. Je ne vois pas en quoi la Wallonie ira plus vite et mieux en demandant que sa tête roule." Maxime Prévot assied son argumentation sur l’épisode de la fuite de Marc Dutroux à Neufchâteau : "Lorsque sa fuite a été connue, deux ministres ont démissionné, et cela n’a servi à rien."

La controverse Philippe Buelen 

Le chef de cabinet de Maxime Prévot a démissionné de 5 mandats dont un dans la filiale du groupe Nethys. Pour Maxime Prévot, ce qui est gênant dans cette affaire est l’amalgame créé autour de la personne: "Il percevait un montant de 200 euros par mois, mais comme cela faisait partie de la galaxie Publifin, certains utilisaient sa responsabilité pour le décrédibiliser et décrédibiliser son action au sein du cabinet. Tous ses mandats étaient connus depuis des années et communiqués en toute transparence. Tout ce que l’on ne connaissait pas c’était le montant, parce que la loi ne l’imposait pas."

"Si on donne 50 euros de jeton de présence à tout le monde…"

Le vice-président du gouvernement wallon appelle à se méfier des solutions extrêmes. "En Wallonie, il existe des outils économique qui gèrent des centaines de millions d’euros. Ces outils doivent être dirigés par des personnes disposant d’un haut niveau d’expertise. Si, demain, on donne 50 euros par jeton de présence pour tout le monde, on aura, dans cinq ans, un effet de balancier dont on pourra se plaindre. Pour disposer de gens de haut niveau, Il faut qu’ils soient correctement rémunérés, mais il faut aussi baliser les abus, c’est incontestable."

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